Mobile Money au Cameroun : Une enquête citoyenne révèle l’ampleur des incidents de transfert.

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Partie d’un incident personnel devenu viral, une enquête citoyenne menée auprès de 73 usagers du Mobile Money au Cameroun met en lumière des difficultés récurrentes de transfert d’argent, souvent sans solution des mois après les faits.

Tout est parti d’un fait divers ordinaire. Le 26 juin 2026, un transfert de 152 000 FCFA effectué dans un point de service Orange Money à Douala part vers un mauvais destinataire : une erreur d’un chiffre dans le numéro du bénéficiaire. Le compte est gelé en moins d’une minute, mais il faudra plusieurs jours de démarches, agences, commissariat, tentatives de négociation avec le destinataire avant que l’affaire ne trouve une issue, après la diffusion d’une vidéo qui totalise plusieurs dizaines de milliers de vues sur les réseaux sociaux. « Ce remboursement a réglé mon cas personnel, mais il a surtout révélé que je n’étais pas un cas isolé », explique Yanick Bezang, à l’origine de la démarche. Dans les commentaires de sa publication, des dizaines d’internautes racontent des mésaventures similaires. Il décide alors de lancer un questionnaire en ligne pour objectiver le phénomène.

73 témoignages, huit régions

Entre le 9 et le 12 juillet 2026, 73 témoignages exploitables sont recueillis auprès d’usagers de Mobile Money résidant dans huit régions du Cameroun, ainsi que dans la diaspora. Le Littoral concentre 38,4 % des répondants, suivi du Centre (21,9 %); une surreprésentation que l’auteur attribue lui-même au mode de diffusion du questionnaire, essentiellement relayé sur les réseaux sociaux et dans son réseau professionnel. Les résultats sont sans appel sur un point : l’erreur de transfert vers un mauvais numéro constitue, de loin, le premier motif de plainte, cité par 54,8 % des répondants. Viennent ensuite les difficultés à récupérer des fonds bloqués et les cas d’argent envoyé mais jamais reçu. « Le problème n’est pas seulement l’erreur elle-même; l’erreur humaine existera toujours. Le problème, c’est la capacité du système à accompagner rapidement l’utilisateur quand elle survient, dit Yanick Bezang. »

Un usager sur cinq seulement obtient gain de cause.

Sur les 73 dossiers recensés, 79,5 % des répondants déclarent que leur problème n’était toujours pas résolu au moment de l’enquête. Seuls 13,7 % affirment avoir obtenu satisfaction et parmi eux, la moitié a dû patienter plus d’un mois avant de récupérer son argent.

Orange Money concentre 72,6 % des incidents rapportés contre 21,9 % pour MTN Money, une proportion que le rapport prend soin de nuancer : l’enquête ayant été déclenchée par un incident impliquant Orange, ce résultat ne permet pas de conclure que cet opérateur serait objectivement plus à risque que son concurrent. Le rapport complet, qui formule une série de recommandations à l’attention des opérateurs, de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) et du Ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL), doit être transmis aux acteurs concernés dans les prochaines semaines.

La rédaction

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