Transposition des compétences : L’UGTC mise sur l’autonomie de ses membres

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Un atelier de formation des formateurs s’est tenu samedi dernier à Douala. L’Union Générale des travailleurs du Cameroun prépare la relève en formant de jeunes cadres capables de structurer et d’animer leurs syndicats de base.

L’Union Générale des travailleurs du Cameroun (UGTC) franchit un cap décisif dans la modernisation du mouvement syndical national. Réunis samedi dernier à Douala, plusieurs cadres et représentants des organisations affiliées ont pris part à un atelier intensif de formation des formateurs. L’objectif phare de cette initiative est d’enclencher une véritable transmission intergénérationnelle tout en accordant une indépendance pédagogique et opérationnelle aux syndicats de base.

Pour le président de l’UGTC, Isaac Bissala, cette démarche s’inscrit directement dans un processus d’alternance et de rajeunissement des effectifs. « Dans un avenir proche, les jeunes vont prendre la responsabilité de conduire l’UGTC », a-t-il affirmé, soulignant que cette transition exige une solide préparation technique. Dépoussiérant le rôle traditionnel du syndicaliste, le président rappelle que la défense des travailleurs ne se limite plus aux simples revendications salariales ou aux appels à la grève. Le mouvement moderne exige désormais des compétences pointues économiques, sociales et politiques capables d’avoir du répondant face aux institutions internationales comme le FMI ou la Banque Mondiale. Outre ces exigences intellectuelles, Isaac Bissala a insisté sur les défis majeurs de l’engagement, de la bonne gouvernance et de la gestion financière transparente, préalables indispensables pour guider les organisations avec exemplarité.

Sur le terrain pédagogique, cet atelier visait à doter les participants de méthodologies précises pour animer des modules de négociation collective ou d’action syndicale. Selon Ngadjeu II Nyasse Valders, secrétaire à la formation professionnelle de l’UGTC, ces nouveaux formateurs constitueront la « courroie de transmission des savoirs » au sein de leurs secteurs respectifs (éducation, construction navale, secteur bancaire, etc.).

Les effets de cette stratégie se font déjà ressentir auprès des participants, à l’instar de Sandra Alvine Feuague, ingénieure en électrotech et membre du Syndicat national des électriciens. Elle salue une avancée qui permettra désormais à son organisation de former ses propres adhérents en toute indépendance : « Dans le passé, nous dépendions de l’UGTC pour la formation de nos membres. Désormais, chaque syndicat affilié acquiert les outils pour être autonome. » En outillant ainsi sa jeunesse, l’UGTC pose les jalons d’un syndicalisme d’expertise, structuré et durable.

Panisse Istral Fotso

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