Insécurité à Bandjoun : Famleng dit « non » à la justice populaire et se mobilise aux côtés des forces de l’ordre

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Vol de bétail, cambriolages et délinquance juvénile empoisonnent le quotidien des habitants de ce quartier. Lors d’une concertation organisée ce week-end, la communauté a choisi d’écarter la loi du talion au profit d’une alliance stratégique avec l’administration et les forces de sécurité.

La goutte d’eau a failli faire déborder le vase au carrefour Famleng-Topo. Après qu’un individu suspecté du vol de quelques canards a été publiquement déshabillé et livré à la vindicte, le quartier Famleng, situé dans l’arrondissement de Pété-Bandjoun, a frôlé le basculement dans l’illégalité. Face à cette dérive et à la recrudescence d’un banditisme récurrent (vols de porcs et de chèvres, boutiques cassées, arrachage de motos, consommation de chanvre), le Comité de développement local a convoqué une concertation d’urgence ce week-end.

Autour d’une même table : les populations, les notables, les jeunes, mais aussi le Sous-préfet de Poumougne et les responsables locaux de la Police et de la Gendarmerie. L’objectif partagé était sans ambiguïté : refuser fermement la justice populaire tout en apportant une réponse structurée à l’insécurité.

« Arrêter, mais ne pas massacrer » Pendant les débats, la tentation de se faire justice soi-même a rapidement été balayée par les responsables locaux et les autorités. « Il ne faut pas arrêter un bandit et le massacrer. Non, ce n’est pas le rôle de la population. C’est d’arrêter un bandit et de le conduire dans un commissariat ou à la brigade pour que seule la loi puisse agir », a rappelé avec fermeté David Kengne, Premier adjoint au maire de Pété-Bandjoun et président d’honneur du Comité de développement.

Un constat partagé par le Dr Blaise Simo Tchékam, président du Comité de développement de Famleng, pour qui la réaction face aux récents débordements de Famleng-Topo devait être immédiate. Même face à des délinquants hors-la-loi, la réponse collective se doit de demeurer dans le cadre légal.

Synergie d’action et prévention de la délinquance

Pour concrétiser ce partenariat, la feuille de route arrêtée prévoit la réhabilitation et le renforcement des pouvoirs des comités de vigilance locaux. Pour faciliter les signalements rapides, les chefs de la Police et de la Gendarmerie ont communiqué leurs lignes directes aux habitants. Mais au-delà de la réponse sécuritaire, l’assemblée s’est accordée sur la nécessité de s’attaquer aux racines du problème : le désœuvrement de la jeunesse. Des campagnes de sensibilisation seront menées auprès des jeunes pour les détourner de la délinquance. La mairie prévoit d’étendre à Famleng des projets d’insertion socio-économique déjà à l’étude dans la commune. En appelant à la vigilance et à la solidarité entre les chefferies et sous-quartiers (Tobeuh, Tesso, Giorgo, Demla, Bien et Pouamgrum), les élites ont rappelé une vérité fondamentale : il ne peut y avoir de développement ni d’investissement durable là où règne la peur.

Rayan Sofo (Glob’Media)

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