Saison des pluies : La période de gloire des « mototaxis à parapluie »

0
3

Alors que les intempéries paralysent la capitale économique et coincent les taxis dans d’infinis embouteillages, les conducteurs de mototaxis équipés de parapluies voient leurs recettes s’envoler. Entre tarifs majorés et forte demande des usagers pressés d’éviter les gouttes, immersion dans un business saisonnier particulièrement lucratif.

Les fortes pluies qui s’abattent sur la ville de Douala depuis le mois de juin constituent une opportunité en or pour les conducteurs de mototaxis. En cette période d’intempéries, les livreurs et transporteurs équipés d’un parapluie fixe sur leur engin ont le vent en poupe. Profitant d’une demande exceptionnelle, ils augmentent leurs tarifs et réalisent des chiffres d’affaires inhabituels en saison sèche.

Grâce à la protection qu’ils offrent contre les averses, ces conducteurs d’un genre particulier sont très convoités par les Doualais désireux de se déplacer sans se tremper. Le parapluie fixé à la moto devient un argument commercial imbattable face aux confrères non équipés.

Au carrefour Mobil Bonakouamouang à Akwa, par exemple, seuls les conducteurs arborant cet accessoire trouvent preneurs. En position de force dès que le ciel s’assombrit, ils sélectionnent les trajets les plus profitables.

« Mon parapluie est mon plus grand atout. Il me permet de doubler, voire de tripler ma recette journalière. Le tarif du tronçon Ndokoti-Yassa est par exemple passé de 500 à 700 F CFA ces jours-ci », confie un conducteur.

Outre la protection contre la pluie, les usagers sollicitent les deux-roues pour leur capacité à se faufiler dans les embouteillages monstres et sur des chaussées dégradées, là où les véhicules à quatre roues restent immobilisés. « Je n’aime pas emprunter la moto, mais depuis quelques mois, je suis obligée de le faire pour arriver à l’heure au travail », explique une employée d’une boulangerie de la place.

Pour gagner du temps, certains clients n’hésitent pas à surenchérir. C’est le cas aux abords de l’Institut français du Cameroun à Akwa, où des usagers proposent le double du tarif habituel pour rejoindre leur destination. « Parfois, je suis surpris quand un client me propose le double du prix normal, par exemple 600 F CFA au lieu de 300 F CFA pour le trajet Akwa-Ndokoti. Je ne peux pas m’offrir le luxe de refuser », s’amuse Youssouf, un mototaximan. Pendant que les motos sans parapluie sont contraintes de stationner à l’abri lors des averses, les conducteurs équipés règnent en maîtres sur le transport urbain. Cette rentabilité saisonnière pousse même certains acteurs du secteur à se reconvertir temporairement dans le commerce d’équipements de protection : la vente de parapluies, de imperméables et de bottes en caoutchouc devient, elle aussi, une activité particulièrement florissante.

Francine Oïza (Glob’Media)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here