Sécurité dans l’est : Les présumés assassins de Philomène Dambaki tombent dans les filets de la police

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Interpellés le 4 septembre dernier par la Division régionale de la police judiciaire de l’Est à Bertoua, Hamidou Moumeni et son complice TAO Abdou ont avoué l’assassinat barbare de cette commerçante, poignardée à mort pour son sac à main dans la nuit du 6 au 7 août 2026.

La nuit du 6 au 7 août 2026 restera gravée comme une nuit d’effroi au quartier Kpogolota de Bertoua. Aux environs de 19 heures, au lieu-dit « Carrefour Alain De Paris », Philomène Dambaki achève sa journée de labeur. Comme à son habitude, cette jeune dame vient de braiser du poisson aux côtés de l’une de ses trois filles. Soucieuse de protéger son enfant, elle l’envoie précéder le chemin du domicile avec le matériel de commerce. Un geste qui lui sera fatal.

Restée seule dans la pénombre pour emboîter le pas à sa fille, Philomène Dambaki est brutalement interceptée par deux individus surgis sur une moto. Sous la menace, les agresseurs lui intiment l’ordre de leur abandonner son sac à main. Face à la résistance désespérée de la victime, le chef de gang, Hamidou Moumeni alias « Traoré » un repris de justice bien connu des services, laisse parler sa violence sauvage. Il poignarde la jeune femme à six reprises, le fer s’enfonçant dans son dos, ses pieds et son ventre. S’effondrant dans une mare de sang, la victime voit ses bourreaux lui arracher son sac avant de prendre la fuite à toute allure vers le centre-ville, transportés par le conducteur de la moto, TAO Abdou alias « Papa Tao ». Transportée d’urgence vers le Centre hospitalier régional de Bertoua, la pauvre dame succombera à ses blessures en cours de route.

Une « patrouille d’agression » qui tourne au drame

Aussitôt saisie, la Division régionale de la police judiciaire (DRPJ) de l’Est a ouvert une enquête minutieuse. Une traque méthodique qui a fini par payer le 4 septembre dernier avec l’interpellation des deux suspects. Lors de leur audition, les deux malfrats n’ont eu d’autre choix que de passer aux aveux complets.

Conduits sur le terrain pour la reconstitution des faits, les deux présumés assassins ont retracé avec un sang-froid glaçant leur parcours criminogène, ce qu’ils qualifiaient eux-mêmes de « patrouille d’agression ». Un cynisme illustré par le sort réservé au téléphone portable contenu dans le sac de la défunte : l’appareil a été bradé pour la dérisoire somme de 6 500 FCFA à la gare routière de Bertoua, montant ensuite partagé entre les deux complices.

Au terme de cette reconstitution éclairante, le Chef de la DRPJ de l’Est, le Commissaire divisionnaire Hervé Djeumo, a tenu à saluer le professionnalisme de ses hommes tout en félicitant la population locale pour sa franche collaboration, déterminante dans le dénouement de cette affaire. Les deux présumés assassins attendent désormais d’être déférés devant le Procureur de la République près le tribunal de première instance de Bertoua pour répondre de leurs actes.

Ce nouveau coup de filet témoigne de la montée en puissance des forces de maintien de l’ordre dans la région de l’Est. Il s’agit en effet de la deuxième opération d’envergure réussie par la Pj locale en l’espace de deux semaines, après le démantèlement à Garoua-Boulaï d’un dangereux gang responsable du meurtre de cinq personnes en un mois dont un douanier et des graves blessures infligées à un policier aujourd’hui miraculé. Un signal fort envoyé au grand banditisme qui sévit dans la région.

Johan Adoumou (Glob’Media)

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