Marché financier : l’épargne camerounaise reste encore loin de la Bourse.

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La Semaine internationale de l’investisseur s’est achevée le mardi 6 octobre 2026 à Douala.

Pendant deux jours, la COSUMAF a tenté de rapprocher le grand public d’un univers encore peu familier.

Derrière les mises en garde contre les arnaques, un constat s’impose : l’argent circule au Cameroun, mais une faible partie prend encore le chemin du marché financier.

Dans la cité capitale économique, les discussions ont rapidement dépassé les questions de fraude. Banques, sociétés de gestion, sociétés de bourse et autres professionnels du secteur ont présenté leurs activités et leurs produits. Dans la salle, l’enjeu était aussi de rendre la Bourse moins abstraite pour ceux qui épargnent sans forcément savoir comment investir.

Le thème de cette édition, « Investissez pour demain, protégez-vous dès aujourd’hui », résume cette double préoccupation. D’un côté, apprendre à placer son argent. De l’autre, éviter de le perdre dans une offre trop belle pour être vraie. La rencontre, organisée les 5 et 6 octobre à Douala, Brazzaville et Bangui, s’inscrivait dans la World Investor Week de l’OICV.

Le Cameroun dispose pourtant d’un réservoir financier considérable. Les chiffres présentés pendant les travaux font état d’environ 51 millions de comptes de monnaie électronique et de près de 5 800 milliards de FCFA de transactions par an. Ces comptes ne représentent pas 51 millions de personnes, mais ils donnent une idée de l’ampleur des flux financiers qui passent aujourd’hui par les outils numériques.

Une autre partie de l’épargne se trouve dans les banques, les établissements de microfinance, les tontines et les circuits informels. Une petite fraction seulement se dirige vers les produits du marché financier régional. C’est là que se situe l’un des principaux défis évoqués pendant la rencontre.

La CEMAC dispose pourtant d’un marché structuré. Sociétés de gestion, sociétés de bourse, organismes de placement collectif et dépositaires proposent différents moyens de placer son argent dans un cadre réglementé. Au 31 décembre 2025, les sociétés de gestion agréées administraient 1 434 milliards de FCFA. Le problème tient donc moins à l’absence de produits qu’à leur connaissance et à la confiance qu’ils inspirent.

Pour beaucoup d’épargnants, investir en Bourse reste encore associé à un univers réservé aux grandes entreprises ou aux personnes disposant de moyens importants. La COSUMAF veut faire évoluer cette perception.

La protection constitue l’autre condition. Sur les réseaux sociaux, les propositions de placement se multiplient. Rendements garantis, gains rapides, trading miracle, systèmes pyramidaux ou fausses plateformes peuvent facilement attirer des épargnants à la recherche d’un meilleur rendement.

L’intelligence artificielle ajoute désormais une difficulté supplémentaire avec les vidéos et les voix truquées capables de donner du crédit à une fausse offre. Le régulateur rappelle donc la nécessité de vérifier l’identité et l’agrément de l’opérateur avant tout versement. Une promesse de gain ne suffit pas à rendre un placement sérieux. L’investisseur doit également connaître le produit, son fonctionnement et les risques qu’il comporte. Pendant ces deux journées, la COSUMAF a ainsi voulu parler davantage au futur investisseur qu’au seul professionnel de la finance. Jeunes, épargnants, porteurs de projets et particuliers étaient directement concernés par les échanges et les présentations des acteurs du marché.

À terme, l’objectif est de faire circuler davantage l’épargne vers les entreprises, les États et les projets financés par le marché régional. Pour la COSUMAF, le développement de ce marché passe donc aussi par un public plus nombreux et mieux informé. Au terme des deux journées, le message reste simple : « Informez, vérifiez, décidez. » Une formule qui résume à la fois la prudence demandée aux épargnants et l’ambition de faire de leur épargne une véritable source de financement de l’économie.

Natacha Mbarga (Glob’Media)

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