À Douala, le 8 octobre 2026, le Fonds routier a réuni les présidents des Conseils régionaux autour de ses procédures de financement.
Objectifs : une meilleure gestion des ressources mobilisées pour l’entretien des routes et une réduction des blocages dans l’exécution des projets. 21,16 milliards de FCFA mobilisés en quatre ans, près de 2 450 kilomètres de routes concernés et 236 mètres linéaires d’ouvrages d’art. Les chiffres témoignent de l’effort financier consenti par le Fonds routier pour l’entretien du réseau régional entre 2023 et 2026. Mais entre les ressources disponibles et les travaux effectivement réalisés, la maîtrise des procédures reste un enjeu majeur.
C’est autour de cette problématique que s’est tenu un atelier de renforcement des capacités réunissant les présidents des Conseils régionaux, les présidents des Conseils exécutifs régionaux et des responsables des administrations concernées. L’objectif est de permettre aux collectivités territoriales décentralisées de mieux maîtriser les étapes qui encadrent le financement des projets, de leur programmation jusqu’au paiement des prestations.
Selon les informations rapportées par Haurizon News, l’administrateur du Fonds routier, Aubin Essaïe Moussa, a évoqué des insuffisances dans la passation des marchés et l’exécution des travaux. Des difficultés qui rendent nécessaire un meilleur accompagnement des acteurs concernés.
La question est d’autant plus importante que les Conseils régionaux occupent une place centrale dans l’entretien des routes relevant de leur compétence. L’article 7 du décret n° 2017/144 du 20 avril 2017 portant nomenclature routière leur confie, ainsi qu’aux Conseils exécutifs régionaux, la maîtrise d’ouvrage des routes régionales. Ils doivent donc participer à la programmation des travaux, suivre leur réalisation et veiller à la bonne conduite des projets.

Pour les aider à assumer ces responsabilités, cinq modules ont été inscrits au programme de la rencontre. Les échanges portent notamment sur les compétences transférées aux collectivités, la préparation des programmes d’entretien, les procédures de passation et d’exécution des marchés, le visa des contrats ainsi que le traitement des décomptes et des paiements.
L’accent est mis sur les erreurs et les insuffisances régulièrement constatées lors de l’examen des dossiers. Un contrat mal préparé ou un dossier incomplet peut compliquer son traitement et retarder la suite du processus. Le Fonds routier entend donc amener les participants à mieux appliquer les règles en vigueur et à réduire les rejets de dossiers.
Le Guide technique à l’usage des ordonnateurs doit servir de référence dans cette démarche. Il détaille les procédures à suivre et les relations entre les différents intervenants, afin de faciliter le traitement des opérations financées.
Cette initiative intervient après la réorganisation du cadre institutionnel et réglementaire du Fonds routier, consacrée par le décret n° 2025/293 du 10 juillet 2025. Elle s’inscrit également dans la volonté de renforcer la décentralisation en donnant aux acteurs régionaux les moyens de mieux exercer leurs responsabilités.
Sur le terrain, l’enjeu est concret. Une route régionale mal entretenue peut compliquer les déplacements, ralentir l’évacuation des produits agricoles et pénaliser les échanges entre les localités. La mobilisation des financements doit donc se traduire par des travaux répondant aux besoins des populations. Pour les régions, la prochaine étape consiste à transformer les connaissances acquises à Douala en pratiques plus rigoureuses dans la préparation et le suivi des projets. Pour le Fonds routier, le défi est de rendre les procédures plus fluides et de limiter les blocages administratifs.
Natacha Mbarga (Glob’Media)















