Face à la multiplication des féminicides, l’initiative portée par Laura Sen entend mobiliser les citoyens et les institutions pour lutter contre les violences faites aux femmes. Un plaidoyer auprès du MINPROFF est notamment envisagé. Cinquante femmes tuées en 2023, 67 en 2024 et 77 en 2025 et plus de 60 en 2026 Les chiffres rapportés par dessinent une réalité préoccupante au Cameroun.
En 2026, le bilan continue de s’alourdir. Selon les derniers chiffres, une cinquantaine de femmes auraient déjà été tuées au cours des quatre premiers mois de l’année. Derrière ces statistiques, des vies sont brisées, des familles endeuillées et des violences qui continuent de susciter l’indignation.
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’initiative Vendredi Rouge, portée par Laura Sen. Le 9 octobre 2026, à Douala, une table ronde intitulée « Plus une de moins » a réuni des participants autour d’une question essentielle : comment mieux protéger les femmes face aux violences et empêcher que de nouvelles vies soient fauchées ? Briser le silence et agir à temps
Les échanges ont mis en lumière une réalité douloureuse : les violences faites aux femmes peuvent s’installer progressivement, à travers les menaces, le contrôle, les humiliations et les agressions. Dans certaines situations, les signes de danger sont présents bien avant le drame, mais restent ignorés ou insuffisamment pris en charge.
Face à cette réalité, la mobilisation citoyenne apparaît essentielle. Écouter les victimes, prendre au sérieux leurs alertes, dénoncer les actes de violence et orienter les personnes menacées vers des structures d’accompagnement sont autant de leviers pour mieux protéger celles qui vivent dans la peur.
Au-delà de la sensibilisation, il s’agit également de faire évoluer les comportements et de rappeler que les violences conjugales et familiales ne relèvent pas de la seule sphère privée. Elles constituent un problème de société qui exige une réponse collective.
La démarche ne devrait pas s’arrêter à cette table ronde. Un plaidoyer auprès du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) est envisagé afin de porter cette cause auprès des pouvoirs publics et de favoriser une mobilisation institutionnelle plus forte contre les féminicides.

D’autres actions sont également prévues dans le prolongement de cette initiative. Elles devraient permettre d’élargir la sensibilisation, de renforcer l’engagement citoyen et de donner davantage de visibilité à ce combat. Les modalités précises de ces activités restent à communiquer.
L’ambition est de faire de Vendredi Rouge un mouvement d’engagement durable, capable de mobiliser différents acteurs autour d’un objectif commun : mettre fin aux violences meurtrières faites aux femmes.
Car derrière chaque chiffre se cache une histoire, une famille et une vie qui aurait pu se poursuivre. La lutte contre les féminicides exige donc des actions concrètes, une implication accrue des institutions et une solidarité réelle envers les victimes. À travers cette initiative, le message est sans équivoque : aucune violence ne doit être banalisée et aucune alerte ne doit être ignorée.
Natacha Mbarga (Glob’Media)










