Le collège Tchoumi au cœur du combat
La Journée internationale du Sida s’est célébrée ce 1er décembre 2025 dans la capitale économique du Cameroun sous le thème « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida ». Les élèves ont été fortement sensibilisés dans l’arrondissement de Douala 3ème.
La population de la ville de la ville de Douala ne s’est pas sentie en marge de la journée internationale du sida. Plusieurs jeunes étaient mobilisés dans le cadre de la sensibilisation à travers les mouvements dans les établissements scolaires. Au collège Tchoumi, situé à Nyalla dans l’arrondissement de Douala 3, les élèves ont arboré le ruban rouge qui est le symbole universel de la lutte contre le SIDA et de la solidarité envers les personnes atteintes. Adopté internationalement, ce ruban évoque la couleur du sang et de l’amour, se portant près du cœur. Il représente un engagement contre les discriminations et un soutien aux personnes vivant avec le VIH. Les campagnes de dépistage se sont organisées dans plusieurs quartiers de la ville de Douala dans le but de sensibiliser la population de prendre conscience de cette maladie qui a pendant longtemps décimé les populations à travers le monde. Dans les hôpitaux, certains allaient discrètement se faire dépister afin de se fixer sur leurs statuts. À l’hôpital de district de Logbaba, le service de dépistage était saturé presque toute la journée. Situé à un endroit caché de l’hôpital, chacun s’y rendait de manière confidentielle pour se faire dépister.
Mettre fin aux inégalités. Mettre fin au sida. Mettre fin aux pandémies.
La Journée mondiale de lutte contre le sida est organisée chaque 1er décembre de année afin de sensibiliser à l’importance d’apporter un soutien aux personnes vivant avec le VIH/sida et de rendre hommage à ceux et celles qui ont perdu la vie à cause de celui-ci. Cette année, ONUSIDA met l’accent sur l’éradication urgente des inégalités qui alimentent l’épidémie de sida et d’autres pandémies à travers le monde. Sans actions audacieuses contre les inégalités, le monde risque de manquer les cibles pour :
- mettre fin au sida d’ici 2030 ;
- subir une crise sociale et économique hors de contrôle.
La menace du VIH plane toujours sur l’humanité 40 ans après le signalement des premiers cas de sida. Aujourd’hui, l’engagement de mettre fin au sida à l’horizon 2030 est en retard. Ce retard n’est pas imputable à un manque de connaissances ou d’outils pour vaincre le sida, mais à des inégalités structurelles qui entravent les solutions efficaces de prévention et de traitement du VIH. Les inégalités économiques, sociales, culturelles et juridiques doivent prendre fin de toute urgence si nous voulons éradiquer le sida d’ici 2030. Les règles politiques, économiques et sociales doivent protéger les droits de toutes et tous, et prêter une oreille aux besoins des communautés défavorisées et marginalisées.
Lutter contre les inégalités n’est pas une promesse nouvelle, mais l’urgence n’a fait que s’accroître. En 2015, tous les pays ont promis de réduire les inégalités au niveau national et international dans le cadre des Objectifs de développement durable. Par ailleurs, l’éradication des inégalités est au cœur de la Stratégie mondiale contre le sida 2021–2026 : mettre fin aux inégalités et mettre fin au sida.
Lutter contre les inégalités est essentiel pour :
- éradiquer le sida ;
- promouvoir les droits humains des populations clés et des personnes vivant avec le VIH ;
- instaurer des sociétés mieux préparées pour vaincre la COVID-19 et d’autres pandémies ; et
- favoriser la reprise et la stabilité économiques.
Tenir cette promesse, c’est sauver des millions de vies et améliorer la société dans son entier !
Les promesses gouvernementales
Les gouvernements doivent passer de l’engagement à l’action et doivent promouvoir une croissance sociale et économique inclusive. Ils doivent supprimer les lois, les réglementations et les pratiques discriminantes afin de garantir l’égalité des chances et réduire les inégalités. Ils doivent agir maintenant et nous devons les placer devant leurs responsabilités.
Cette année, pour la Journée mondiale de lutte contre le sida, rappelons à nos gouvernements que les inégalités mondiales nous touchent toutes et tous. Exigeons des actes pour mettre fin aux inégalités, au sida et à toutes les autres pandémies qui se nourrissent des inégalités.
Inégalités, impréparation, menaces
L’ONUSIDA émet un avertissement fort : si la classe dirigeante ne parvient pas à lutter contre les inégalités, le monde pourrait enregistrer 7,7 millions de décès dus au sida au cours des 10 prochaines années. L’organisation avertit également qu’en cas d’absence de mesures transformatives nécessaires pour mettre fin au sida.
L’impact du sida dans les familles et les entreprises
Le VIH sida affecte la santé des porteurs du virus. Les études sur l’impact du sida dans les familles présentent une réallocation des ressources vers les dépenses. Un séropositif fait dépenser beaucoup d’argent pour pouvoir se maintenir.
Le coût capitaliste de l’épidémie est largement dépendant de la demande du marché. Dans une vaste étude du forum économique mondial ainsi que dans une étude faite en Afrique du Sud par le bureau of Economic Research, les entreprises semblent être peu nombreuses à avoir pris conscience des conséquences du SIDA sur leur propre équilibre. Ainsi, l’investissement des entreprises ne semble pas souffrir pour l’instant. Certaines entreprises sont déjà engagées dans la lutte contre le SIDA. Le célèbre Global Business Coalition réunit des poids lourds du commerce occidental. En Afrique, les chambres de commerce et d’industrie ont commencé à réagir et à tenter de fédérer les entreprises autour du SIDA. Il est impossible d’évaluer aujourd’hui les retombées en communication d’une implication de la part des compagnies dans la lutte contre le SIDA. Les entreprises citoyennes, immergées dans la problématique de leurs clients, sont certainement plus à même d’être favorablement perçues. Dans la grande majorité des pays africains, le sida fait tellement peur même avec l’arrivée de la Covid 19, la crainte existe toujours chaque fois qu’on prononce ce mot qui a longtemps donné le cauchemar aux populations.
Données et analyse
Au fil des ans, une compréhension détaillée de l’épidémie de VIH a émergé grâce à la collecte, l’analyse et la diffusion de données, aidant les programmes à atteindre les bonnes personnes au bon endroit et au bon moment. Disposer de données de haute qualité sur la riposte au sida a permis de fixer des objectifs ambitieux, mesurables et limités dans le temps pour suivre les progrès et garantir la responsabilisation.
Campagne et médias sociaux
La Journée mondiale de lutte contre le SIDA de 2025 met en évidence les inégalités qui touchent particulièrement les populations les plus vulnérables. Cette année, une crise de financement menace les progrès réalisés depuis des décennies, perturbant les services de prévention du VIH. L’accès à des ressources numériques est encouragé pour sensibiliser sur l’impact des inégalités sur la santé. Créée en 1988, cette journée reste cruciale pour attirer l’attention sur la lutte contre le SIDA à l’échelle mondiale.
Pourquoi des journées internationales ?
Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.
Le thème de cette journée met en lumière la nécessité de changer d’approche face aux défis récents et d’atteindre l’objectif de mettre fin à l’épidémie d’ici 2030, notamment en comblant les lacunes de financement et en supprimant les obstacles pour un accès plus équitable aux soins, aux traitements et à la prévention.
Panisse Istral Fotso










