Affaire Martinez Zogo

0
3

Fin d’audience criminelle spéciale de session du Tribunal Militaire de Yaoundé du 16 au 17 décembre 2025.

La fin de cette session qui a débuté à 11h30 a été marquée par le témoignage des 16ème et 17ème témoins: Le journaliste Xavier Messè et le  Commissaire Division  Ellong LOBE James. À lire absolument.

D’abord,  celui  du Journaliste Xavier Messé.

Il lui a été demandé par le MP  de dire au tribunal ce qu’il sait dans l’affaire Martinez. Il a dit avoir été appelé par le Directeur  Général de Radio Balafon basée à Douala 6 jours après la découverte du corps eu défunt Martinez Zogo pour une interview. C’est ce coup de fil qui l’avait réveillé. Il m’avait demandé qu’est-ce que je pensais de cette macabre découverte ? J’avais qualifié cette scène d’honneur.  Je lui avais que cette scène que je suivais minutes by minutes,  j’ai été informé par un confrère qui est dans le même réseau que moi et avec qui je partageais les mêmes informations soit pour contredire soit pour vérifier ces informations par rapport à cette macabre découverte. Le jour de la découverte du corps de Martinez Zogo, j’ai reçu un appel très d’un confrère qui est le même forum que moi. Ce confrère m’a dit : « On l’a tué ! On l’a tué.  »  Je lui ai demandé, on a tué qui? Il m’a répondu : Martinez Zogo.  Je lui ai posé la question : Est-ce-que tu es sûr de ton informateur ? Il m’a répondu : oui. Mon  sommeil est terminé. Je me suis mis à vérifier si cette confirmation était réelle. C’est ainsi que j’ai vu les images des Sapeurs-pompiers et les policiers qu’il fallait mettre le corps à la mort de l’hôpital Central de Yaoundé. Dans le fil rouge de son témoignage,  le MP lui a demandé de dire ce qu’il a révélé lors de son interview.  Il a poursuivi son témoignage en disant que le forum du  REPAC contient 76 patrons de presse.

L’information vraie c’est que Martinez Zogo a été enlevé.  L’information vraie c’est que Martinez Zogo a été retrouvé mort c’est que révèle le dispositif mis sur pied par ses soins.

Sur la question du Commissaire du Gouvernement: avez-vous fait d’autres précisions à Cyrille Bojiko avant de vérifier par vous? Sa réponse est oui. D’ailleurs,  Il dit  avoir  fait une mise au point sur sa page Facebook le 22 Janvier. Est-ce qu’à un moment,  vous vous êtes rétracté ? Non, a-t-il répondu. Au sujet la lettre d’excuse,  la première fois que j’ai été auditionné par le Commission d’enquête mixte,  les Policiers Judiciaires m’ont contraint de rédiger une lettre d’excuses en présence de mon Conseil que j’ai menti. Je leur ai posé la question, je dois   rédiger une lettre d’excuse par rapport à quoi?  Dictez-moi les termes de la lettre d’excuse.  Pour revenir sur son informateur Zepherin Koloko,  il est resté fermé. Il a d’ailleurs donné mes détails de leurs conversations téléphoniques.

Le premier appel a duré 15 secondes lorsqu’il lui annonce qu’on l’a tué.

Le 18 janvier à 10h04 minutes,  un autre appel entre les deux  a duré 41 secondes’

Lors de la cross-examination,  Me Tchoungang Charles,  a insisté sur la période exacte de cette affaire,  entre léger oublie et petite confusion,  Xavier Messé ne s’est pas très écarté de ce qu’il avait dit que ce soit à l’enquête préliminaire ou l’info judiciaire par le juge d’Instruction Sikati. Il a dit par ailleurs que de toutes ses déclarations,  il les maintient qu’il n’y aucune manipulation  car lorsqu’il commençait le métier de journalisme, il s’était fixé une discipline morale qu’il n’avait pas été menacé, il n’aurait jamais signé cette lettre d’excuse à Zepherin Koloko devant la commission d’enquête mixte.

Xavier Messé qui a été patron de la  rédaction au Groupe l’Anecdote chez Jean-Pierre Amougou Belinga,  quant à la question,  vous dit tout à l’heure que : Lui et moi ne faisons pas le même métier.  Vous voulez dire quoi par-là ? Il lui a répondu,  Martinez Zogo faisait tout sauf le journalisme. Maxime Eko Eko s’est livré au jeu.  Il a voulu que Xavier Messé l’éclaire sur certaines questions.  Chose faite. Cependant,  il est revenu sur sa méprise disant avoir agi par émotion et a dit au PT, suite à la question que si un tel événement se reproduisait il n’agirait plus de la sorte.  Vu le témoignage persistante de Xavier Messé,  le MP plaidé que Zepherin Koloko revienne devant la barre.  Le tribunal jugera de l’opportunité. Avec la suspension de l’audience à 15h07 minutes et la reprise à 16h00,  le MP a appelé son 17ème témoin. Le plus capital. Il s’agit du Commissaire Divisionnaire Ellong LOBE James aujourd’hui en service à la DGSN depuis février 2025. Échanges entre le Commissaire du Gouvernement Près le Tribunal Militaire de Yaoundé et le Commissaire Divisionnaire Ellong LOBE James: Examination in chief. Lorsque le Représentant en Chef de l’accusation le Lt/ Col Cerlin Belinga lui pose la question : Quel est l’organigramme de le DGRE  quelles sont ses missions? Il a dit qu’il n’a aucune qualité à  les expliquer.  Qu’il est astreint au secret professionnel. Me Claude Assira a fait objection.  Pour cet  Avocat de la DGRE et l’Etat de Cameroun,  il faut distribuer cette question dans un huis clos partiel.  De 16h05 minutes à 17h46 minutes,  chaque parti au procès a fait valoir ses arguments.

Pour Me Mbuny, j’avais déjà évoqué ce problème. Je n’ai pas été compris.  Les secrets d’Etat ne peuvent pas être dehors. Me Guezo s’y est opposé.  Pour lui,  le Président Paul Biya avait déjà donné son ok.

Question du MP: Quelles sont les missions de la DGRE ?

 Le commissaire divisionnaire Ellong LOBE James a répondu que la DGRE a accompli toutes les missions qui lui sont confiées, mises en œuvre par le directeur général. Il a expliqué d’avantages que lorsqu’une mission est instruite, elle nécessite l’analyse, les modalités d’action, la définition de l’objectif final, les moyens mis en œuvre et les modalités d’exécution. Il a également mentionné que les risques sont pris en compte dans le processus. Que sur la base du document d’analyse et en fonction de l’urgence, la mission est validée par le directeur général, après quoi elle peut commencer. Il  a d’ailleurs expliqué que les missions étaient contenues dans une analyse déjà faite ou dans un document de la hiérarchie. Il a précisé que c’était le directeur des opérations qui soumettait le plan de l’opération pour validation par le directeur général, Monsieur Maxime Eko Eko. Le commissaire divisionnaire James Lobé a précisé que même les ordres verbaux devaient être retranscrits mot à mot pour être soumis au directeur général, Monsieur Maxime Eko Eko, pour validation.

MP/ Qui était  habilité à évaluer l’urgence ?

Le commissaire divisionnaire James Lobé a répondu : C’est Monsieur le Directeur Général qui était habilité à évaluer l’urgence.

Il  a ajouté de ce fait qu’il il fallait une conception, une planification et une exécution. Cependant, l’opération est la dernière phase. L’action ou mission opérationnelle est le moment de l’activité. Il est allé plus loin en expliquant  que cette activité est une détermination d’un fait qui, à la hauteur de sa gravité, menace la sécurité de l’Etat, la stabilité des institutions, l’intégrité territoriale, la sécurité des personnes qui incarnent l’Etat et les intérêts de la nation.

Cependant,  le premier travail est mené par les analyses de la DGRE qui déterminent les menaces potentielles. L’autre phase consiste à savoir comment annuler cette menace. Une fois l’annulation de la menace évaluée, le dossier est transmis à la direction des opérations qui élabore un plan soumis au directeur général.

 Dans les normes,  cette action est soumise à deux événements : la complexité du dossier ou une réunion de crise. Cette réunion peut se tenir à la salle de crise avec d’autres directions ou au cabinet du directeur général avec un nombre restreint de collaborateurs. Le but est de collecter des informations à un moment critique. Le directeur général pouvait renvoyer le dossier si le plan n’était pas conforme.

MP/ À quel moment le plan d’opération était-il construit ?

R/ Tant qu’il n’y a pas une décision de plan d’opération, il n’y a aucune action à mener. Il a expliqué que le directeur général estime qu’il faut d’abord rappeler le contexte, indiquer les moyens mis en œuvre (humains, financiers, matériels, logistiques), le choix des hommes, leur conditionnement psychologique, et indiquer les moyens de « go » ou « no go ». Il a souligné l’importance de déterminer la chaîne hiérarchique de mise en œuvre de la mission par la DGRE.

Dans le fil conducteur de son témoignage, il a expliqué que ce n’est pas le directeur général qui dirige l’opération, mais un officier, car la mission a un délai précis. Il a souligné que les éléments de structuration d’un ordre d’opération sont très importants. Il a également précisé que la direction des opérations n’a ni coffre-fort ni caisse noire, mais que la rubrique finance est l’âme même de la mission. Quant à la question des perdiems, il n’y a pas de rubrique ‘per diem’ chez nous. Le coût de la mission est évalué par les cadres officiers, notamment le coût journalier des agents, etc. À mon époque, il y avait les moyens matériels nécessaires pour acquérir n’importe quel engin à n’importe quelle heure. Les moyens opérationnels, leurs déplacements sont à la disposition de la DGRE, mais leurs mises en mouvement sont autorisées exclusivement par le directeur général

MP/ vous a-t-il arrivé de louer le matériel chez une tierce personne ?

R/ En neuf ans à la tête de la direction des opérations, la direction a un parking d’au moins une vingtaine de voitures et on ne peut pas jouer avec ce matériel compte tenu de leur entretien et de leur coût. Il est impossible de requérir le véhicule d’une tierce personne pour des raisons opérationnelles et avec l’autorisation nécessaire. Lorsque nous faisions nos missions, nous veillions à ce que toutes les voitures quittent la DGRE avec des réservoirs pleins.

MP/ Vous a-t-il arrivé de faire des transferts d’argent ?

R/ Pour  l’envoi d’argent par moyens électroniques, il ne l’avait pas connu. Toutefois, lorsque les agents partaient en mission et qu’il y avait un manque ou un problème, on pouvait expédier l’argent qui était redistribué contre décharge, et la totalité des fonds était déchargée avec un compte rendu.

Et pour l’acquisition du Matériel au quartier comme un teaser?

R/ Mais un teaser ne s’achète pas chez n’importe qui au quartier. La farine, une aiguille, tout peut aller dans le cadre de nos opérations. Cependant, il y a à la direction des opérations un officier logistique.

MP/ Pouvez- vous travaillez avec les gens du quartier ?

R/  Non, on ne peut pas aller chercher un personnel au quartier pour l’aider à accomplir une mission. Les personnels sont affectés et gérés par la hiérarchie. On ne va pas chercher un personnel au quartier comme ça. Les agents sont affectés et mobilisés selon les procédures établies par la hiérarchie. Concernant la sous-traitante, le Commissaire divisionnaire James Elongue a répondu : La DGRE ne fait pas de sous-traitance. Le plus souvent, quand un dossier n’était pas à notre niveau, on le transfert à la police, à la gendarmerie ou au ministère de la défense avec tous les éléments pour qu’ils poursuivent.

MP/ Comment se passe le cloisonnement?

R/Le cloisonnement, c’est juste quand le dossier ne nous concernait pas. Je n’ai pas été associé à ce dossier, je ne suis pas concerné.

MP/ Est-ce qu’il vous est arrivé de décamper un élément dans un poste de garde pour une opération ?

R/ Ça doit être écrit dans l’ordre d’opération. Pour tout cela, le directeur général doit en être informé, puisque ce n’est pas moi qui ai posté cet élément là-bas.

Cela entre dans la rubrique des déplacements, c’est-à-dire quelqu’un peut être campé à Maroua et on le déplace pour Yaoundé. Si le DGRE me dit de laisser le gars de Maroua pour prendre celui de Bolova, je modifie juste comme a exigé monsieur le directeur général. Le Commissaire du Gouvernement Cerlin Bellinga lui a posé la question une autre question :

Avez-vous eu des rapports conflictuels avec votre hiérarchie ?

R/ Je n’ai jamais eu de problèmes avec ma hiérarchie. Si j’en avais eu des problèmes avec monsieur Maxime Eko Eko, je ne serai pas commissaire divisionnaire aujourd’hui. Ses colères, ses mécontentements m’ont rendu fier et j’ai des bulletins de notes qui l’attestent.

MP/ Un agent de la DGRE pouvait rendre compte à qui ?

R/ Seul un officier pouvait faire un rapport. Tous les membres de l’équipe se réunissaient dans une salle et on faisait la mission. On ne piquait pas à gauche ni à droite.

MP/ À quel moment le colonel a été nommé ?

MP/ Le colonel Danowit qui était mon adjoint a été nommé en 2019 par décret présidentiel et moi aussi par décret présidentiel pour être Conseiller Technique N°1.

MP/  Alors, mon Commissaire divisionnaire, quand vous étiez directeur des opérations, à qui rendiez-vous vos comptes ?

R/ Je rendais exclusivement compte à monsieur le directeur général. Cependant, le directeur général a signé une note de service courant novembre 2021 pour dire que toutes les informations devraient être filtrées, c’est-à-dire doivent passer désormais par moi, et on a travaillé comme ça jusqu’en 2023. De manière explicite, je recevais le rapport de monsieur Justin Danwé depuis novembre 2021.

Le commissaire du Gouvernement Cerlin Belinga Bellinga a posé une dernière question dans sa cross-examination : Avez-vous été informé pourquoi le directeur général avait pris cette décision ?

R/  Non, il avait estimé que tout ce que veut monsieur justin Danwé,  directeur des opérations, doit passer au filtre par un ancien de la direction des opérations.

Pour comprendre cette décision qu’avait pris monsieur Eko Eko, ancien directeur de la DGRE, c’est juste parce qu’il y a eu une succession d’événements, notamment l’affaire du payeur du MINADER et un autre problème d’arrestation d’un proche de Ndanwe qui avait été arrêté à l’aéroport de Nsimalen en possession de stupéfiants, y compris un officier de police dont Ndanwe avait mis sur le coup, et une autre succession d’événements dont le directeur général avait décidé de commencer à stopper ces agissements-là parce qu’il en avait marre.

L’affaire a été renvoyée au 5 Janvier 2026 pour suite de la cross-examination de  l’audition du témoin Ellong LOBE James.

Polycarpe Xavier Atangana,  pour une société fraternelle

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here