Décès de Georges Anicet Ekane

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Une enquête attendue, une opinion en alerte.

La mort de Georges Anicet Ekane ravive les interrogations persistantes sur le traitement et l’aboutissement des enquêtes sensibles au Cameroun.

Acteur politique engagé,  Ekane s’était illustré par son implication active dans les dynamiques de changement politique.  Président du MANIDEM,  il avait soutenu la candidature de Maurice kamto à l’élection présidentielle,  à travers une investiture rejetée par le conseil constitutionnel.  Par la suite,  il avait apporté son soutien à Issa Tchiroma Bakary, contestant publiquement la vérité officielle issue de la proclamation des résultats par le conseil constitutionnel, qui donne Paul Biya vainqueur du scrutin. C’est dans ce contexte qu’il a été interpellé manu militari à Douala pour être conduit au secrétariat d’État à la défense à Yaoundé. Placé en garde à vue administrative  malgré un état de santé présenté comme fragile par ses proches,  George Anicet Ekane est décédé au médico- militaire de la gendarmerie de Yaoundé. Son décès s’inscrit dans une série de dossiers judiciaire qui continue de susciter incompréhension et attente au sein de l’opinion publique.  Des affaires emblématiques , telles que celles de Martinez Zogo ou de monseigneur Bala , demeurent dans les mémoires comme des symboles d’enquêtes longues et controversées , dont les conclusions tardent à  être pleinement établies et rendues publique. Si la Can a offert au camerounais une parenthèse émotionnelle et un moment de diversion collective, elle n’a en rien dissipé les préoccupations profondes liées à la justice,  à la transparence institutionnelle et au respect des libertés publiques.  L’affaire George Anicet Ekane pose une fois de plus,  la question centrale de la crédibilité des procédures,  de l’indépendance des enquêtes et du droit à la vérité.

Stivin Temdemnou, journaliste (Glob’Media)

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