Wes Madiko : Une carrière parsemée d’embuches

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𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐖𝐄𝐒 𝐌𝐚𝐝𝐢𝐤𝐨 𝐚𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐫𝐫𝐞̂𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐭𝐞𝐫?

Eté 1997, une chanson est au sommet des hitparades un peu partout dans le monde. C’est le titre « Alane », une musique entraînante aux tonalités africaines, une chorégraphie endiablée.

Alane, sera le tube de l’été 1997. Pas moins de 10 millions de single vendus dans le monde entier et 4 millions d’exemplaires de son album Welenga. Disque de diamant 97 et 98 en France et en Allemagne, il a été numéro 1 des chartes radio dans 17 pays européens ! Il devient alors le second artiste africain à remporter un disque de diamant en France.

L’année suivante, sa chanson In Youpendi est utilisée dans le film Le Roi lion 2 : L’Honneur de la tribu. WESS est alors prédestiné à un brillant avenir.

Mais qui est ce WES MADIKO hissé sur le toit du monde en cette année 1997 ?

Wes Madiko est un auteur-compositeur et chanteur camerounais né en 1964 à Motaba au Cameroun. Il baigne très tôt dans l’atmosphère musicale traditionnelle. A l’âge de sept ans, il reçoit des enseignements musicaux de son grand-père, qui joue de la sanza. C’est aussi en ce moment-là, qu’il va commencer à chanter en une langue mystérieuse au point de susciter la méfiance de sa grand-mère. Notons néanmoins que plus tard, il chantera en « bafoun », une langue des originaires de la zone de Penja et Loum. Vous vous posez certainement la question de savoir pourquoi WES MADIKO a eu une carrière en dents de scie. Il était pourtant prédestiné à un brillant avenir après le succès de « Alane ».

Qu’est-ce qui s’est passé entre temps ?

Certes, une affaire de mœurs a entaché sa carrière mais il y a eu autre chose. Eh bien, alors qu’il était au sommet et devait confirmer, l’homme a été victime de plusieurs attaques mystiques qui à chaque fois atteignaient et éteignaient sa voix. Il a passé plusieurs années sans pouvoir chanter. Il n’avait plus de voix. Il ne pouvait plus chanté. Imaginez la douleur qu’il a vécue pendant ces années. Wes MADIKO est né à Mouantaba qui est un quartier mystérieux de Penja. Ce quartier était le lieu par excellence de pratique de la haute sorcellerie. On y retrouvait les plus grands sorciers de la Région. Ce quartier avait une réputation sinistre et terrible. Il était interdit de mettre les pieds dehors à partir d’une certaine heure de la nuit. A partir de 23 heures, les sorciers sortaient pour accomplir leurs sales besognes. Il n’était pas rare d’entendre des cris effroyables dans la pénombre de la nuit. Le matin, les rues étaient jonchées de calebasses et d’animaux sacrifiés. Ce quartier avait une rivière mystique. Une rivière qui emportait les enfants. A tel point que plusieurs parents interdisaient à leurs enfants de se baigner dans cette rivière. Laquelle rivière portait le nom du quartier : « Mouantaba ». Allez chercher la signification de ce nom. Un nom à ne pas prononcer à des heures particulières de la nuit. Il ne se passait pas une semaine sans qu’on n’entende des histoires d’enfants emportés par la rivière ou noyés. Il y avait aussi des histoires de fées. Plusieurs habitants du quartier ont affirmé avoir rencontré la fameuse « Mami wata ». Certains ont même fait des pactes maléfiques et ont été arrachés à la vie de manière brutale. La réputation de ce quartier mystique était telle que les populations rechignaient à y acheter des plantations, lorsqu’on connaît la fertilité de la zone de penja, c’est étonnant ! C’est pour vous dire que ce quartier faisait peur ! Auréolé de son succès, Wes, l’enfant du pays va rentrer chez lui. Au lieu d’être fier du succès du fils du pays, ils vont l’attaquer. L’enfant du pays va subir la méchanceté, la jalousie et la haine des sorciers du quartier dont il ne faut pas prononcer le nom à cette heure de la nuit.

WES MADIKO est allé rejoindre les ancêtres en juin 2021.

Arol KETCH –

Rat des archives

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