Alors que le souverain pontife entamait lundi une tournée africaine historique placée sous le signe de l’ouverture, l’horreur terroriste s’est invitée aux portes de la capitale algérienne. Deux kamikazes ont péri dans des explosions à Blida, jetant un froid sur cette visite papale inédite.
Le contraste est saisissant, presque insoutenable. D’un côté, les appels à la paix et à une « société civile vivante » lancés depuis Alger par le Pape Léon XIV ; de l’autre, les images de corps déchiquetés sur le bitume de Blida, à seulement quarante kilomètres de là. Lundi après-midi, le spectre du terrorisme a violemment resurgi en Algérie, venant briser un calme précaire qui durait depuis plusieurs années.
Une ville sous le choc
Selon des sources concordantes et des témoignages authentifiés, deux kamikazes ont actionné leurs charges au croisement de la rue Palestine et du boulevard Mohamed Boudiaf. Si les autorités algériennes ont, pour l’heure, choisi de s’enfermer dans un silence de plomb, les images parvenues à notre rédaction montrent une scène de désolation : sous une pluie fine, des passants tentent de recouvrir de draps les dépouilles mutilées des assaillants, à proximité immédiate d’un commissariat et de zones commerçantes. « C’est un incident à caractère terroriste absolument catégorique », confirme une source diplomatique occidentale. Un troisième incident près du stade de la ville a également été évoqué, sans toutefois être formellement confirmé à ce stade.
Le silence des autorités
Le mutisme d’Alger interroge. Alors que l’Union africaine (UA) a brièvement évoqué l’attentat avant de se rétracter, signe probable de pressions diplomatiques — le gouvernement algérien semble vouloir préserver l’image de sécurité entourant cette visite historique. Le dernier attentat-suicide d’envergure dans le pays remontait à février 2020, revendiqué à l’époque par l’organisation État Islamique (EI).
Un test pour Léon XIV
Cette attaque intervient au moment où le Pape Léon XIV exhorte les autorités algériennes à ne pas craindre la « participation populaire » et à promouvoir les libertés civiles. En frappant si près de la délégation papale, les terroristes adressent un message de défi non seulement à l’État algérien, mais aussi à la communauté internationale.
Malgré la tragédie, le souverain pontife poursuit son périple, premier acte d’une tournée africaine qui s’annonce déjà comme l’une des plus périlleuses de son pontificat. Reste une question brûlante : quel est le bilan réel parmi les civils ? À Blida, le sang coule, et l’omerta officielle ne pourra pas éternellement masquer la réalité d’une menace qui refuse de s’éteindre.
RS / Glob’Media










