Lutte contre la polio à Maroua 2 : Le Sous-préfet tape du poing sur la table

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Face à la résistance persistante de certains parents et aux menaces proférées contre les agents de santé, André Marie Noa Bidzogo durcit le ton. Entre fermeté administrative et appel à la responsabilité parentale, l’heure est à la mobilisation générale pour éradiquer le virus dans l’Extrême-Nord.

Dans la région de l’Extrême-Nord, la lutte contre la poliomyélite se heurte à un mur de verre. Si la maladie recule ailleurs, l’arrondissement de Maroua 2, dans le département du Diamaré, fait figure de « mauvais élève ». Un constat amer dressé par le Sous-préfet, André Marie Noa Bidzogo, qui refuse désormais de tolérer l’obstruction aux campagnes de vaccination.

La fin de l’impunité pour les réfractaires

Le diagnostic de l’autorité administrative est sans appel : les mauvais résultats de Maroua 2 ne sont pas dus à un manque de moyens, mais à l’hostilité humaine. « Chaque année, l’arrondissement de Maroua 2 est toujours classé dernier. C’est parce qu’il y a encore beaucoup de parents qui continuent de résister à la vaccination », s’insurge André Marie Noa Bidzogo. Portails clos, refus d’accès et agressions verbales ou physiques contre les équipes mobiles sont devenus le quotidien des vaccinateurs. Une situation jugée « inadmissible en 2026 » par le Sous-préfet. Ce dernier a officiellement annoncé que la phase de dialogue simple laissait place à une phase de répression : toute entrave au travail des agents de santé ou toute manifestation d’hostilité entraînera l’interpellation immédiate des auteurs.

« Le bâton et la carotte » : Un appel à la conscience parentale

Si la menace d’arrestation plane, le commandement territorial n’en oublie pas la pédagogie. Lors du lancement de la phase 1 de la campagne de vaccination, le Sous-préfet a rappelé que la santé est un droit fondamental de l’enfant et un devoir sacré pour les géniteurs.

« Quand on décide de devenir parent, c’est une grande responsabilité. Les enfants que nous faisons n’ont pas demandé à naître », a-t-il rappelé avec émotion, pointant du doigt les handicaps évitables qui pèsent sur l’avenir de la jeunesse locale. L’autorité a également interpellé les chefs traditionnels et les élus locaux, soulignant que le développement d’une localité est intrinsèquement lié à la santé de sa population.

Le défi de la désinformation

Au cœur des quartiers comme Dougoi, la résistance se nourrit de rumeurs persistantes. Pourtant, des voix s’élèvent pour contrer les « fake news ». Harouna Bouba, père de deux enfants, est de ceux-là. Pour lui, le vaccin est une évidence : « Beaucoup de choses qui se disent à ce sujet ne sont pas fondées. Ce sont des affabulations. » L’enjeu est pourtant critique. Selon les données de l’UNICEF, la contagiosité du virus reste une menace invisible mais dévastatrice : un seul enfant porteur de la poliomyélite peut contaminer jusqu’à 200 autres enfants. À Maroua 2, la bataille contre le virus se joue désormais autant dans les foyers que dans les tribunaux.

Par Rayan Sofo, à Maroua

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