Santé Publique : L’Extrême-Nord du Cameroun en « mode riposte » contre la poliomyélite

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Alors que le Nigeria voisin enregistre une recrudescence de cas, le Gouvernement camerounais et l’UNICEF lancent une offensive majeure. Objectif : vacciner plus de 2,2 millions d’enfants de 0 à 59 mois pour ériger un rempart immunitaire dans cette zone frontalière à haut risque.

Une mobilisation de proximité à Maroua 2. Le coup d’envoi a été donné jeudi dernier dans l’arrondissement de Maroua 2. Loin des simples discours en tribune, c’est sur le terrain, dans les ruelles du quartier Founangué, que la bataille s’engage. Le Sous-préfet André Marie Noa Bidzogo et la Représentante de l’UNICEF au Cameroun, Nadine Perrault, ont personnellement conduit les équipes de porte-à-porte. « Avec deux petites gouttes, on peut non seulement protéger l’enfant mais également l’avenir du Cameroun », a martelé Nadine Perrault, tout en saluant l’implication des chefs de village et l’accueil des familles.

L’Extrême-Nord, une zone sous haute surveillance Si le Cameroun n’a plus notifié de cas de poliovirus sauvage depuis avril 2025, la vigilance reste de mise. Le danger vient de l’autre côté de la frontière : 19 cas de poliovirus ont déjà été recensés au Nigeria depuis le début de l’année 2026. La région de l’Extrême-Nord cristallise toutes les inquiétudes de la délégation régionale du Programme Élargi de Vaccination (PEV) en raison de plusieurs facteurs de vulnérabilité : La porosité des frontières avec le Tchad et le Nigeria.

La forte mobilité des populations (échanges commerciaux, transhumance, liens familiaux).

Le contexte humanitaire, marqué par l’insécurité, les déplacements internes et les récentes inondations qui fragilisent le système de santé local. La jeunesse en première ligne Pour cette campagne qui se déroule du 23 au 26 avril, l’innovation repose sur l’engagement communautaire. Les jeunes des réseaux U-Reporters et U-Responders sont les fers de lance de la sensibilisation. En amont de l’administration du Vaccin Polio Oral de type 2 (VPO2), ces volontaires ont quadrillé les 33 districts de santé de la région pour identifier les ménages et lever les réticences. Ce travail de cartographie minutieux permet aux vaccinateurs de savoir exactement combien d’enfants les attendent derrière chaque porte, minimisant ainsi les risques de voir un enfant passer entre les mailles du filet. Un enjeu de souveraineté sanitaire L’enjeu est de taille : maintenir le statut « libre de polio » du Cameroun. Dans une région où le refus de la vaccination persiste par endroits, l’implication des autorités administratives et des partenaires internationaux est un signal fort envoyé aux populations. La campagne se poursuit jusqu’à dimanche. Quatre jours durant lesquels chaque goutte administrée compte pour prévenir des séquelles irréversibles et garantir une croissance saine à la jeune génération du « Grand Nord ».

Par Rayan Sofo | Glob’Media

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