Un siècle de « Wade » : Le Sénégal célèbre les 100 ans d’un géant de la démocratie africaine

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Dakar, Glob’Media

Le Sénégal s’est réveillé aujourd’hui avec le cœur à la fête et le regard tourné vers son histoire. Abdoulaye Wade, figure titanesque de la politique continentale, président de la République de 2000 à 2012, célèbre son centenaire. Un siècle de vie, dont plus de cinquante ans passés au premier plan de la scène publique, qui se confondent intimement avec la trajectoire démocratique du Sénégal moderne.

Pour les nouvelles générations comme pour les anciens, « Gorgui » (le vieux, en wolof) incarne à lui seul le souffle de l’audace, de l’endurance politique et du panafricanisme pragmatique.

L’éternel opposant devenu l’artisan du Sopi
Avant d’être le chef de l’État, Abdoulaye Wade a été le visage de la résilience. Avocat brillant, économiste et universitaire, il fonde le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) en 1974, bravant le régime de parti unique de fait de l’époque. Pendant 26 ans, face à Léopold Sédar Senghor puis à Abdou Diouf, il incarne l’opposition systématique, constructive et pacifique.

Son slogan, le Sopi (le changement), résonne dans les rues de Dakar, porté par une jeunesse assoiffée de renouveau. Malgré les rigueurs de l’arène politique, les séjours en prison et les scrutins contestés, il refuse systématiquement le choix de la violence ou des armes pour accéder au pouvoir, ancrant ainsi une culture de la contestation par les urnes qui fait aujourd’hui la fierté du pays.

L’an 2000 : Le tournant de la première alternance
Le 19 mars 2000 reste gravé en lettres d’or dans les manuels d’histoire africaine. À la suite d’une mobilisation citoyenne historique, Abdoulaye Wade remporte l’élection présidentielle. L’image du président sortant, Abdou Diouf, appelant son rival historique au téléphone pour le féliciter avant même la proclamation officielle des résultats, fait le tour du monde.

Le Sénégal vient de prouver la maturité de ses institutions. Wade ouvre l’ère des grandes infrastructures (l’autoroute à péage, l’aéroport de Diass, les universités régionales) et place le pays sur la carte des économies en mutation. Sur le plan continental, il est l’un des pères fondateurs du NEPAD et insuffle une diplomatie offensive, clamant haut et fort les ambitions d’une Afrique décomplexée.

Un héritage vivant et contrasté
Bien sûr, l’exercice du pouvoir n’a pas été un long fleuve tranquille. Ses deux mandats ont connu des zones de turbulences : des tensions autour de la Constitution, des réformes contestées en fin de règne et les contestations de 2011-2012 menées par le mouvement M23.

Pourtant, c’est sa sortie de scène en 2012 qui finira d’asseoir sa stature de sage. Battu au second tour par son ancien Premier ministre Macky Sall, Abdoulaye Wade accepte immédiatement le verdict du peuple, évitant au pays une crise majeure et confirmant le statut du Sénégal comme exception démocratique en Afrique de l’Ouest.

« J’ai toujours dit que je ne marcherais pas sur des cadavres pour entrer au Palais présidentiel. » – Abdoulaye Wade

Les hommages d’une nation et d’un continent
Aujourd’hui, au-delà des clivages partisans, la classe politique sénégalaise dans son ensemble, de la majorité au pouvoir aux différentes franges de l’opposition, s’accorde à saluer le destin hors norme de cet homme d’État. Des messages de félicitations et d’hommages affluent de toutes les capitales africaines pour honorer celui qui a prouvé que l’alternance démocratique par le vote était possible, solide et pacifique.

À 100 ans, Abdoulaye Wade n’est plus seulement le chef d’un parti ou un ancien président. Il est un patrimoine vivant, le témoin d’un siècle de combats pour la liberté, et le symbole d’un Sénégal debout, fier de son passé et résolument tourné vers l’avenir.

Bon anniversaire, Monsieur le Président.

La rédaction de Glob’Media

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