Crise anglophone : Le venin du Nord-Ouest contamine l’Ouest

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Face à la persistance des incursions meurtrières des séparatistes armés dans le Noun et les Bamboutos, l’interminable hécatombe sur des axes routiers nationaux et la montée en puissance de la consommation de drogues chez les jeunes, Awa Fonka Augustine dresse un diagnostic sans complaisance de la situation socio-sécuritaire de la région. Entre incursions armées et routes meurtrières, l’urgence d’une riposte globale s’impose.

C’est un tableau sombre, teinté d’inquiétudes qu’a dépeint le gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Fonka Augustine à l’occasion des assises semestrielles du Comité de coordination administrative et du Comité de coordination opérationnelle de l’Ouest, qui se sont tenues le 8 juin 2026 à Bakou, dans le département du Haut-Nkam. Devant un parterre d’autorités administratives, municipales et de responsables des forces de maintien de l’ordre, le numéro un de la région n’a pas usé de la langue de bois pour évoquer les maux qui gangrènent son territoire de commandement. Au cœur des préoccupations majeures : la persistance de la menace séparatiste. Alors que les populations aspiraient à une accalmie, le gouverneur a dû admettre l’évidence d’une insécurité transfrontalière rampante. « Nous avons encore quelques défis à relever, compte tenu du fait qu’il y a encore des incursions de séparatistes dans les départements du Noun et des Bamboutos », a-t-il déclaré. Une situation qui s’explique par la proximité géographique de ces deux unités administratives avec la région du Nord-Ouest, en proie à un conflit armé dévastateur depuis 2016. Le Noun et les Bamboutos subissent ainsi de plein fouet les contrecoups de cette crise, matérialisés par des incursions meurtrières de groupes armés qui ciblent les villages et les positions des forces de défense. Face à cette psychose, le chef de l’exécutif régional s’est voulu rassurant, affirmant la mobilisation permanente des troupes pour sanctuariser la zone.

Le bitume continue de tuer

L’autre grand monstre qui hante la région de l’Ouest reste indéniablement la sécurité routière. Le gouverneur a ouvertement déploré « le taux d’accidents de la circulation, qui ne baisse pas ». L’Ouest, carrefour névralgique reliant plusieurs régions du pays, continue de payer un lourd tribut humain sur ses axes routiers. Cependant, l’autorité administrative entrevoit une lueur d’espoir. Elle mise notamment sur l’achèvement imminent des travaux de réhabilitation de la très redoutée falaise de Dschang et sur la concrétisation des divers projets routiers pilotés par le gouvernement pour inverser la courbe de cette hécatombe.

Une jeunesse prise au piège des stupéfiants

Au-delà des armes et du bitume, le péril est aussi social, rampant au sein de la cellule familiale. Les assises de Bakou ont mis en lumière la vulnérabilité d’une jeunesse locale de plus en plus accrochée aux paradis artificiels. « Nous avons ces problèmes de la culture et de la consommation de cannabis et de drogues par les jeunes », a martelé Awa Fonka Augustine. Un cri d’alarme qui interpelle non seulement les forces de l’ordre, appelées à démanteler les réseaux de deal, mais aussi les familles face à la démission parentale. Enfin, le gouverneur a clos son réquisitoire sur une note environnementale, pointant du doigt l’insalubrité galopante qui défigure les villes et villages de l’Ouest, compromettant la santé publique.

Au terme de ces assises de Bakou, le constat est clair : la région de l’Ouest est à la croisée des chemins. Entre la nécessaire vigilance militaire aux frontières du Nord-Ouest, l’urgence de la répression de l’incivisme routier et le sauvetage d’une jeunesse en perte de repères, les défis qui attendent le gouverneur et ses équipes pour le second semestre s’annoncent titanesques. Les populations, elles, attendent des actes concrets sur le terrain.

Panisse Istral Fotso

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