Le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a officiellement lancé ce jeudi 9 juillet 2026 à Douala, l’introduction du cabotégravir injectable. Cette prophylaxie pré-exposition (PrEP) constitue une arme préventive majeure pour les personnes séronégatives à haut risque d’infection.
Une véritable révolution médicale s’installe au Cameroun. En lançant officiellement la PrEP injectable au cabotégravir ce jeudi 9 juillet 2026 à Douala, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, marque un tournant historique dans la riposte nationale contre le VIH/Sida. Cette nouvelle option préventive, saluée par l’ensemble des acteurs de la santé et de la société civile, s’adresse spécifiquement aux personnes séronégatives présentant un risque élevé de contracter le virus.

Une injection tous les deux mois : la fin de la contrainte quotidienne
Contrairement à la PrEP orale classique qui impose la prise astreignante d’un comprimé par jour, le cabotégravir est administré par injection intramusculaire. Le protocole est simple : après deux doses initiales d’attaque, le traitement ne requiert plus qu’une injection une fois tous les deux mois.
Cette formule espacée simplifie considérablement le suivi thérapeutique et garantit une meilleure observance, un facteur clé pour assurer une protection optimale. Les études cliniques confirment d’ailleurs que cette version injectable offre une efficacité supérieure aux traitements par voie orale, tout en éliminant la charge mentale quotidienne et les risques de stigmatisation sociale.

Une riposte ciblée face à des défis persistants
L’introduction de cette innovation médicale répond à une urgence épidémiologique réelle. Bien que les efforts du gouvernement portent leurs fruits, le virus circule toujours activement sur le territoire national. Selon les récents résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025, environ 503 000 personnes vivent actuellement avec le VIH au Cameroun.
La prévalence nationale chez les adultes de 15 à 49 ans a baissé de manière encourageante, passant de 3,4 % en 2017 à 2,6 % aujourd’hui. Néanmoins, le pays enregistre encore près de 21 000 nouvelles infections par an (soit une incidence annuelle de 0,15 %). Les disparités de genre restent préoccupantes : les femmes sont touchées à hauteur de 3,6 % contre 1,6 % pour les hommes, les jeunes filles de 15 à 24 ans demeurant en première ligne de cette vulnérabilité.
Un pas de plus vers l’élimination du virus d’ici 2030
Pour le Dr Manaouda Malachie, l’accès au cabotégravir injectable est un levier stratégique pour atteindre les objectifs de l’ONUSIDA visant à éliminer le VIH en tant que menace de santé publique. « En proposant une injection tous les deux mois plutôt qu’un traitement quotidien, cette stratégie devrait améliorer l’adhésion des bénéficiaires et réduire le nombre de nouvelles contaminations », a-t-il affirmé lors de son allocution.

La cérémonie de lancement à Douala a réuni les responsables du ministère, les partenaires techniques et financiers ainsi que les professionnels de santé. Symbole fort de cette transition : une première dose de cette PrEP injectable a été administrée sur place à un usager anonyme.
Disponibilité des stocks et protocole d’accès Pour bénéficier de cette nouvelle stratégie préventive, le protocole est strict : le patient doit impérativement réaliser un test de dépistage au préalable pour confirmer sa séronégativité.
La ville de Douala a été choisie pour amorcer cette campagne en raison du niveau élevé d’exposition et de vulnérabilité de sa population face au virus. Face aux interrogations sur l’approvisionnement, le ministre de la Santé publique s’est voulu rassurant, confirmant la pleine disponibilité des stocks de cabotégravir pour couvrir la demande et engager durablement le Cameroun sur la voie de la génération sans Sida.
Panisse Istral Fotso










