Nord-Ouest : Rentrée scolaire sanglante à Wum, un commissaire tué et des enseignants enlevés

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La rentrée scolaire s’est ouverte dans le sang et l’effroi ce lundi dans le département de la Menchum, région du Nord-Ouest du Cameroun. Une attaque armée attribuée aux combattants séparatistes a coûté la vie au Commissaire spécial de Wum, le commissaire de police principal (CPP) Tobie Damase, et s’est soldée par l’enlèvement de six enseignants du Government Technical Teachers’ Training College (GTTC).

Alors qu’il accompagnait le préfet de la Menchum dans une tournée de routine destinée à évaluer l’effectivité de la reprise des classes et à rassurer les populations, le convoi officiel est tombé dans une embuscade minutieusement préparée. Selon les témoignages recueillis sur place sous couvert d’anonymat, les assaillants auraient anticipé le passage des autorités. Positionnés à proximité de l’établissement scolaire, ils ont d’abord enlevé six membres du personnel enseignant. Une partie du commando a ensuite ouvert le feu à l’arrivée du véhicule sécuritaire. Touché par plusieurs balles, le commissaire Tobie Damase a succombé à ses blessures malgré l’intervention de ses collègues. Le préfet, quant à lui, est sorti indemne de l’attaque. Avant de battre en retraite dans la végétation dense environnante, les assaillants ont libéré les élèves présents sur le campus.

L’école, perpétuel champ de bataille

Ce drame illustre une nouvelle fois la précarité sécuritaire qui entoure chaque rentrée scolaire dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Depuis dix ans, les groupes séparatistes armés imposent un boycott strict de l’institution scolaire, transformant les établissements, les enseignants et les élèves en cibles privilégiées pour faire pression sur le pouvoir central.

Dans de nombreuses localités de la région, le mot d’ordre de « ville morte » décrété par les groupes armés a une fois de plus paralysé la rentrée. Malgré des fournitures achetées et des uniformes prêts, beaucoup de parents ont préféré garder leurs enfants à la maison face à la menace persistante.

Entre appels à la résilience et peur généralisée

Du côté des autorités, l’heure reste au volontarisme. Le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, a réitéré son appel à la collaboration entre la population et les forces de défense, tout en assurant que le dispositif de sécurité avait été renforcé autour des écoles. De son côté, Baijong Ezekiel, responsable de l’enseignement secondaire dans la région, continue de prôner la résilience et d’inciter le corps enseignant à poursuivre sa mission.

Cependant, à Wum, la réalité du terrain a brutalement balayé ces assurances politiques. La mort du commissaire Mbah Thomas fragilise un peu plus le dispositif sécuritaire dans la Menchum et plonge les familles dans une profonde angoisse. Alors que l’opinion publique attend une communication officielle pour clarifier les circonstances de l’attaque et faire le point sur les opérations de secours, les regards restent tournés vers le sort des six enseignants toujours aux mains de leurs ravisseurs. La rentrée qui devait symboliser un pas vers la normalité commence, cette année encore, sous le signe de la peur et du deuil.

Rayan Sofo | Glob’Media

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