Insertion par le sport : Les Pépites du Cameroun dressent le bilan

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Les 14 et 15 octobre dernier, l’amphithéâtre principal de l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (INJS) de Yaoundé a vibré au rythme de la clôture d’une aventure humaine de deux ans. Plus de 500 jeunes, formés dans le cadre du programme « Les Pépites du Cameroun », ont reçu leur parchemin de fin de formation.

Un chiffre fort marque ce bilan : 80% de filles. C’est la preuve d’un programme qui a fait le choix assumé d’investir là où les inégalités frappent le plus, auprès des jeunes filles vulnérables et des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, alors que le programme soutenu par l’Ambassade de France touche à sa fin, une question centrale se pose : celle de sa pérennisation.

Pour tirer les leçons sans filtre et plaider pour une reprise par l’État, la Serge Betsen Academy (Sba) et la Jeunesse Active pour le Sport, la Culture et la Mémoire (Jacsm) ont organisé les « Rencontres pour l’éducation citoyenne et l’insertion professionnelle par le sport ». Deux jours de forum pour capitaliser deux années d’activités menées sur le terrain, dans les dix régions du Cameroun.

Le principe était simple et efficace : utiliser le sport comme levier d’insertion socioprofessionnelle. La Jacsm à travers le basketball, la SBA à travers le rugby, ont transformé les aires de jeux en véritables écoles de la vie et de l’emploi. Et les résultats sont là. Aujourd’hui, certaines bénéficiaires sont en emploi, d’autres ont créé leur petite activité génératrice de revenus, d’autres encore ont intégré des établissements scolaires comme monitrices.

Pour donner de la profondeur à ce bilan, le forum a réuni environ 120 participants. Autour de la table, l’ensemble de l’écosystème : le Minsep, le Minproff, le Minddevel, le Fne, le Feicom, le Cvuc, les Collectivités Territoriales Décentralisées (Ctd), les entreprises partenaires comme 10 000 Codeurs et Agri Sport, mais surtout les acteurs de terrain, 29 Chefs de pôle et 54 bénéficiaires venus porter leur voix.

Les échanges, denses et sans langue de bois, se sont articulés autour de quatre axes majeurs. D’abord, comment construire les politiques publiques territoriales par le sport. Ensuite, le lien essentiel entre sport, autonomisation et prévention des violences basées sur le genre.

Le cœur des discussions a ensuite porté sur le parcours d’insertion lui-même : de la formation à l’emploi, comment sécuriser la suite avec des stages, l’alternance et l’accès au premier emploi. Enfin, un dernier axe, plus prospectif, a interrogé les mécanismes étatiques capables d’assurer la reprise et la continuité du programme.

Au-delà des chiffres, le message du forum est clair : la formation seule ne suffit pas, il faut désormais bâtir des passerelles durables vers l’emploi.

Stéphane Antoine Ayissi (Glob’Media)

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