Décédé le 29 juillet dernier, l’auteur du tube planétaire « Simo » a été inhumé ce samedi à Bandjoun. Autorités, artistes et hommes de médias lui ont rendu un vibrant et dernier hommage.
L’émotion était à son comble ce samedi 17 octobre 2026 à Bandjoun. Ils sont venus des quatre coins du monde pour rendre un dernier hommage à la mémoire de l’artiste folklorique décédé mercredi 29 juillet dernier des suites de maladie.
Son titre à succès « SIMO » lui a gracieusement ouvert les portes de la célébrité. NOUBISSI FOTSO Luc Romuald, plus connu sous le nom d’artiste Bissi Mag, a vu le jour à Nkongsamba en 1971. Apprécié pour son talent, l’artiste n’avait jamais perdu, jusqu’à son départ, sa simplicité et son sourire, qui faisaient son originalité. La consternation se lisait sur les visages du bain de foule à l’hôpital de la garnison militaire. Une occasion pour de nombreuses personnes de venir rendre un dernier et vibrant hommage à l’artiste. On notait entre autres la présence du Gouverneur de la Région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, d’hommes politiques, d’artistes musiciens, d’humoristes et de mélomanes.

Le Gouverneur : « Comme un jeune frère pour moi »
« C’est avec beaucoup de tristesse, parce qu’il m’a beaucoup côtoyé à Bafoussam et il était comme un jeune frère pour moi. Il a brillé par une humilité assez désarmante. Ce ne sont pas les relations qui lui manquaient, mais chaque fois que vous croisiez Bissi Mag, vous ne le surpreniez jamais en veste, parce qu’il était très humble. Ce n’est pas qu’il ne devait pas porter la veste, c’était pour vous dire qu’il ne voulait jamais montrer que les biens matériels passaient avant sa considération. C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que je puis ainsi dire adieu à Bissi Mag. Que le Seigneur te recueille en son sein. »

Tala André Marie : « C’est Dieu qui décide »
L’artiste Tala André Marie, qui fut autrefois son parrain, a lui aussi tenu à saluer la mémoire de l’artiste : « Je suis dans la tristesse comme tout le monde. Il m’a appelé en pleurant en février pour me dire qu’il avait un cancer et j’ai essayé de l’assister du mieux que je pouvais avec toutes les relations que je connaissais. Malheureusement, c’est Dieu qui décide. On souhaite que la terre lui soit légère et qu’il repose en paix. C’était un bon artiste, quelqu’un qui aimait le travail bien fait et on a cheminé tout ce temps. » Esther Mael : « Il nous a montré qu’on pouvait coloniser la France culturellement » « Un homme en paix, un homme sans problème, c’est d’ailleurs le slogan qu’on lui a attribué. Je retiens de lui quelqu’un de très professionnel, sociable. Il nous a laissé un bel héritage entre la chanson Simo et la formation traditionnelle qu’il a transmise à Karlie, la jeune Française qu’on voyait à ses côtés. Il nous a montré qu’on pouvait partir du Cameroun, arriver en France et coloniser la France culturellement. »

Monica : « Une grosse perte »
« En tant qu’artiste, je pense que nous avons eu une grosse perte. Bissi Mag était un artiste de haute facture, il a parcouru le monde tout en vendant sa culture. Je retiens de lui un homme très discret. Il n’était pas un homme du show, mais il restait un artiste authentique. »

Célestin Ndjamen : « J’ai le cœur brisé »
« C’était un homme simple, un ami que j’ai rencontré dans plusieurs radios. C’est un homme qui m’a marqué par sa simplicité, un grand artiste international qui était à votre écoute. J’ai le cœur brisé, son départ me bouleverse comme la disparition d’un frère. » Il laisse sans doute la jeune génération artistique orpheline. Pour certains, Bissi Mag n’était pas seulement un mentor mais aussi un porteur de bons conseils. « J’étais d’abord le fils de Bissi Mag. Dans mes débuts, c’est lui qui m’a tout enseigné en musique, même si aujourd’hui je fais la musique et l’humour. À mes débuts, quand je faisais l’art de la rue, c’est lui qui me disait : mon fils, sors de la rue, fais l’art comme un monsieur, passe par ta culture, transmets des messages afin que notre culture demeure », a réagi l’artiste Djao Dans le Ghomala.

L’artiste s’en va laissant derrière lui famille, amis et mélomanes dans la consternation ainsi de nombreux projets inachevés. Bissi Mag, ton héritage artistique continuera d’inspirer, de résonner et marqueront à jamais les mémoires à l’instar des titres phares comme « Simo », « Tchuma », « Pokuike » et « l’enseignant ». Rappelons que c’est ce week-end, au quartier Djioguo par Famla 2 à Bandjoun, que la terre se refermera définitivement sur l’artiste Bissi Mag. Adieu l’artiste. Ton art reste une empreinte éternelle. Que ton Ka soit vivifié.
Lisa Youmssi (Glob’Media)










