Le peuple retient son souffle
Annoncé comme l’un des premiers signaux du nouveau mandat du président Paul Biya, le remaniement ministériel tarde trop, au goût d’une opinion publique qui espérait un élan de renouveau.
Depuis 2018, la même équipe gouvernementale tient les rênes, une longévité rare dans les annales du pays. Mais cette fidélité présidentielle, loin d’inspirer confiance, a fini par nourrir une lassitude collective : beaucoup n’y voient plus une preuve de stabilité, mais l’expression figée d’un immobilisme politique qui peine à répondre aux urgences nationales.
Les camerounais n’attendent pas un simple déplacement de portefeuilles, cette routine bien connue des coulisses du pouvoir. Ils réclament autre chose, plus profond, plus audacieux : un changement d’hommes, de profils, d’énergie. Dans son discours d’investiture, le chef de l’État avait pourtant esquissé une promesse claire : ouvrir davantage les portes du gouvernement aux jeunes et aux femmes, catalyseurs naturels d’un souffle nouveau.
Or, chaque jour qui passe sans remaniement, renforce l’impression d’un rendez-vous manqué. Le pays oscille entre espoir et résignation, guettant un signal présidentiel qui tarde à sortir du silence. Le moment de vérité approche : celui où le gouvernement devra enfin se réaligner avec les attentes d’un peuple qui aspire à être gouverner autrement.
Stivin Temdemnou, journaliste (Glob’Media)










