Le Palais de Verre de Ngoa-Ekellé vacille. Depuis l’accession du Très honorable Théodore Datouo au perchoir, une opération « mains propres » sans précédent secoue la Chambre basse du Parlement. Entre audits de personnel, salaires gelés et révélations sur des détournements massifs, l’ambiance est électrique à l’Assemblée nationale.
L’heure n’est plus à la complaisance dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Sous l’impulsion de son nouveau président, Théodore Datouo, l’institution s’est engagée dans une course contre la montre pour assainir ses fichiers. Au cœur de cette tempête : la traque des personnels fictifs qui siphonneraient les caisses de l’État. La fin de la récréation : « Pas d’attestation, pas de salaire » Le 21 avril 2026 a marqué un tournant décisif. Dans une note de service qui fait grand bruit, le Secrétaire général de l’Assemblée nationale, André Noël Essian, a instauré une condition sine qua non pour le paiement des émoluments : la présentation d’une attestation de présence effective au poste. Délivré par les chefs de structures, ce document est désormais le sésame indispensable pour passer à la caisse. Cette mesure de « rationalisation de la chaîne solde » vise à débusquer ceux qui ne figurent sur les listes d’émargement que le jour du virement. Plus de 1500 employés : Le chiffre qui a fait bondir le PAN Si la tension est palpable, c’est aussi parce que le portefeuille des agents est directement touché. Les primes de session, habituellement versées à la fin de la session de mars, se font attendre. La raison ? Une inflation suspecte des effectifs. « Le président a été étonné de découvrir plus de 1500 employés. Les listes sont pléthoriques », confie une source interne sous anonymat.

Les premières indiscrétions de l’audit en cours évoquent déjà le chiffre de 150 personnels fictifs identifiés. Pour l’honorable Koupit Adamou, député de l’UDC, cette démarche est celle d’un « grand manager » qui refuse de naviguer à vue dans l’héritage complexe de l’ère précédente.
L’ombre des 2,7 milliards de Fcfa Au-delà de la masse salariale, cet audit est attendu au tournant sur le terrain des malversations financières. Le spectre du « trou noir » de 2,7 milliards de Fcfa, découvert en 2023 par un comité ad-hoc sous l’ancien président Cavaye Yeguie Djibril, plane toujours. Le rapport préliminaire de l’époque, piloté par le vice-président Théophile Baoro, détaillait un creux de caisse abyssal :

Exercice 2022 : 948,6 millions de Fcfa
Exercice 2023 (au 31 mai) : 1,77 milliard de Fcfa
À l’époque, les tentatives d’élucidation s’étaient heurtées à une fin de recevoir de l’ancienne hiérarchie, qui avait verrouillé toute contestation des accords financiers passés.
Un changement de paradigme Contrairement aux audits de 2023 restés lettre morte, la démarche actuelle de Théodore Datouo semble vouloir briser l’omerta. En conditionnant les salaires à la présence réelle, l’institution s’attaque à la racine d’un système de prébendes qui a longtemps prospéré dans l’ombre. Pour les employés de l’Assemblée, entre espoir de transparence et crainte de représailles, l’attente des conclusions officielles de l’audit est insoutenable. Une chose est sûre : le « Palais de Verre » n’a jamais aussi bien porté son nom, tant les mécanismes de sa gestion sont aujourd’hui exposés à la lumière crue de la réforme.
Rayan Sofo (Glob’Media). L’information juste, en temps réel.










