Stade Ngandjui Gaston de Bafang : Le monument d’une réconciliation historique

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Une histoire de cohabitation et de compréhension  politiques à  travers des visions contradictoires et apaisantes et qui repose sur la grandeur de la vision d’un  homme : JEAN MBOUENDÉ, premier maire élu de la commune de plein exercice de Bafang en 1961 !

Il y’a des dates qui méritent d’être retenues par l’histoire. Celle du 20 avril 2022 en fait partie. Le stade municipal Ngandjui Gaston, rénové, à l’occasion ̂ de la Can organisée au Cameroun, reçoit son premier match en nocturne. Les forces en présence : Unisport du Haut-Nkam et Ngaoundéré FC. Score, 04 buts contre 0 en faveur du Flambeau de l’ouest. Le 02 mai 2026, l’Unisport du Haut-Nkam est aux prises avec AS Fortuna en nocturne également dans le cadre de la 17eme journée de Mtn Elite one. Le stade affiche le plein d’œuf. Score en faveur du club local, 8 buts contre zéro: c’est  l’extase.  Ceci honore tous ceux qui ont cru à cette équipe, à tous ceux qui ont œuvré pour la réhabilitation de cet antre municipal et enfin cela met en exergue la vision et la grandeur d’un homme: Jean Mbouendé.  En effet, Jean Mbouendé crée en 1952, Tortue Football club de Bafang.  D’autres équipes suivront après à l’instar de Jupiter FC et Génie FC  dont la fusion ultérieure avec Tortue donnera naissance à Unisport de Bafang, aujourd’hui Unisport du Haut-Nkam.  Souvenons-nous également que dans le cadre de sa bataille en faveur de la justice sociale et de la souveraineté, une décision avait été prise par le haut -commissaire du Cameroun pour neutraliser et assassiner le nationaliste.  Le document avait été signé à la chefferie Bafang qui a abrité les chefs Bamiléké et leurs guerriers qui vont réduire en cendres la concession de Jean Mbouendé le 29 mai 1955 avec le concours de l’armée coloniale.  Jean Mbouendé n’a la vie sauve que parce qu’il s’est réfugié dans ses exploitations agricoles à Kekem où il passera 05 ans en dormant dans le tronc d’un baobab mort.  À la faveur de l’indépendance du Cameroun français et surtout de la loi d’amnistie proclamée par le chef de l’État Ahmadou Ahidjo, le nationaliste retrouve la vie normale et contribue à pacifier le département du Haut-Nkam. Viennent alors les élections municipales d’avril 1961. Sous l’instigation des populations il va déposer sa candidature sous la bannière de l’Uc, la vraie UPC restant interdite.
Sa liste est plébiscitée. À l’élection du maire, il va battre le chef Bafang Ngandjui Gaston et ainsi devenir le premier maire élu de la commune de plein exercice de Bafang. Il va rapidement engager les grands travaux, parmi lesquels la construction du stade municipal de Bafang. Il fait le choix du site actuel qui chevauche sur le village Banka et Bafang, frontière litigieuse.  Pour ce faire, il va solliciter et obtenir l’onction des chefs de ces deux villages avant de commencer l’indemnisation des Populations déguerpies.  Ainsi nait le nouveau stade municipal de Bafang, qui apaisé les belligérants.  À la mort du chef Bafang Ngandjui Gaston, par ailleurs membre du conseil municipal, le maire Jean Mbouendé, du haut de sa grandeur, va suggérer au conseil municipal de baptiser ce stade au nom du chef défunt et par délibération municipale N°5/DM/CPE du 16 Octobre 1963, ce chef d’œuvre devient STADE MUNICIPAL NGANDJUI GASTON DE BAFANG. Et l’histoire continue.

Clément W. MBOUENDEU

Les archives de Jean Mbouendeu

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