Le Cameroun au défi de l’équation du développement : Quand les maths s’invitent au chevet de la Nation

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À l’occasion de l’« International Mathematics Conference » organisée à Yaoundé par la Fondation Pondi, des experts de haut vol ont lancé un plaidoyer vibrant : et si la solution aux crises structurelles du Cameroun se trouvait dans les formules mathématiques ? Décryptage d’une révolution de pensée.

Embouteillages monstres, gestion chaotique des déchets, coupures d’électricité chroniques et infrastructures routières à la traîne… Le tableau du quotidien camerounais ressemble parfois à un problème insoluble. Pourtant, pour les participants à la conférence internationale qui s’est tenue récemment dans la capitale politique, ces « casse-têtes » n’ont rien d’une fatalité. Ils sont simplement le résultat d’un manque d’approche scientifique dans la gouvernance.

La science fondamentale, moteur de souveraineté

Pour le Pr Abdon Atangana, mathématicien camerounais de renommée mondiale officiant à l’Université de Free State en Afrique du Sud, il n’y a pas de secret : les pays occidentaux ne doivent leur avance qu’à l’usage systématique de la science fondamentale. « Ce que notre pays doit faire pour résoudre ses propres problèmes, c’est utiliser la science pour trouver des solutions locales », martèle-t-il. Le lien entre mathématiques et prospérité n’est plus à démontrer. En France, un rapport du Conseil d’analyses économiques soulignait déjà en 2025 qu’une simple amélioration du niveau des élèves en mathématiques pourrait booster le PIB de 0,2 point chaque année. Pour le Cameroun, l’enjeu est identique : transformer des données brutes en croissance économique réelle.

Prédire pour ne plus subir

Le cœur du sujet repose sur les modèles mathématiques. Selon le Pr Atangana, planifier le Cameroun dans 15 ans ne doit plus se faire au doigt mouillé. Grâce aux modèles de projection et à l’intégration des incertitudes via les processus stochastiques (l’étude de phénomènes liés au hasard), il devient possible d’anticiper les défaillances du système.

Infrastructures : Modéliser les flux pour construire des routes là où elles sont réellement nécessaires.

Énergie : Prédire la demande future pour éviter les délestages.

Risques : Calculer l’impact d’un changement de paramètre économique ou climatique avant qu’il ne survienne. Sortir du « tout sport » : le plaidoyer de la Fondation Pondi Derrière cet appel technique se cache une volonté politique profonde. Le Pr Emmanuel Pondi, président de la fondation éponyme, est formel : la transformation de l’Afrique ne peut se limiter aux seuls indicateurs du PNB ou du PIB. Elle nécessite de nouveaux leviers. « Si vous maîtrisez les mathématiques appliquées, vous allez pouvoir changer vous-même le système dans lequel vous vivez, avec vos propres intérêts, et non ceux imposés par d’autres », explique-t-il avec conviction. Le message envoyé au gouvernement est clair : il faut financer la recherche. Pour le Pr Atangana, il est temps de changer d’idoles. Si le sport passionne les foules, c’est la science qui bâtit les nations. L’objectif est désormais d’inspirer une jeunesse camerounaise à voir dans les équations, non pas une torture scolaire, mais l’outil ultime de leur propre libération économique. Si le gouvernement entend ce plaidoyer, le Cameroun pourrait enfin passer de la gestion de l’urgence à la culture de l’anticipation. Une transition nécessaire pour que le « Cameroun émergent » ne soit plus une variable inconnue, mais une solution démontrée.

Par la Rédaction de Glob’Media

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