🌎 🇸🇳 𝐋𝐄 𝐂𝐑𝐄𝐏𝐔𝐒𝐂𝐔𝐋𝐄 𝐃’𝐔𝐍 𝐈𝐃𝐄𝐀𝐋 : Chronique d’une Désillusion Sénégalaise

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L’arène politique sénégalaise, jadis portée par l’effervescence d’un renouveau démocratique, semble aujourd’hui plongée dans les méandres d’une tragédie shakespearienne dont le dénouement pourrait être, hélas, le renoncement aux aspirations populaires. L’annonce — au cœur d’un climat politique délétère — du départ d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, sonne comme le glas d’un tandem qui portait en ses flancs la promesse d’une rupture systémique.

𝐋𝐞 𝐑𝐞𝐭𝐫𝐨𝐩𝐞𝐝𝐚𝐥𝐚𝐠𝐞 :

Un Vice Bien Commun
L’Afrique, dans sa longue marche vers l’émancipation, semble prisonnière d’un éternel retour. Ce nouveau « rétropédalage » n’est qu’une illustration de plus de cette propension atavique à fragmenter les forces vives au moment même où la solidité du socle est la condition « sine qua non » de la pérennité de l’État. En affaiblissant l’unité de commandement, les acteurs ne font qu’ouvrir une brèche béante aux forces centrifuges et aux intérêts occultes qui, tapi dans l’ombre, guettent le délitement de l’autorité centrale.

𝐋’𝐄𝐫𝐫𝐞𝐮𝐫 𝐭𝐚𝐜𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 : Une Passe Décisive vers l’Abîme

Si cette manœuvre est perçue par certains comme une stratégie de survie politique, elle s’apparente, sous un angle plus lucide, à un suicide politique assisté. Bassirou Diomaye Faye, en laissant s’effriter cette complicité originelle, offre sur un plateau une « passe décisive » à ses adversaires. Il se retrouve, paradoxalement, dans la posture d’un dirigeant exposé, fragilisé par le départ de son allié le plus influent, et potentiellement enclin à subir le même sort que ceux qui, avant lui, ont cru pouvoir domestiquer les vents de la contestation interne.

𝐋𝐞 𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐭𝐫𝐚𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞

Il est impérieux de conjurer les démons de notre histoire politique. L’on ne peut s’empêcher d’évoquer, avec une inquiétude légitime, les ombres de Thomas Sankara et de Blaise Compaoré. Ce schéma, où l’amitié se mue en rivalité fratricide, finit souvent par le bannissement, l’exil, ou pire, l’effacement tragique des idéaux portés par la révolution. Le « Projet », autrefois moteur d’espoir, risque aujourd’hui de sombrer dans les abysses de la realpolitik, transformant une aspiration nationale en une simple péripétie de palais.
Nous sommes à la croisée des chemins. Si le Sénégal ne prend garde, ce qui aurait dû être le point de départ d’une ère de souveraineté et de dignité retrouvées, ne sera qu’une note de bas de page dans le grand livre des occasions manquées. La politique, quand elle oublie le peuple pour se perdre dans les calculs d’épicier, ne prépare que sa propre chute.

𝐋𝐀𝐍𝐃𝐑𝐘 𝐌𝐁𝐈𝐀
journaliste.

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