Le Sénégal vient de vivre l’un des virages politiques les plus saisissants de son histoire récente. Moins de quatre jours après avoir été limogé de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko effectue un retour fracassant au sommet de l’État. Ce mardi, le leader du Pastef a été largement élu président de l’Assemblée nationale, recueillant 132 voix sur les 165 que compte l’hémicycle.
Ce vote crucial marque non seulement la réintégration éclair de la figure de proue de la majorité, mais scelle également la mainmise totale du parti au pouvoir sur le pouvoir législatif.
De la disgrâce apparente au perchoir : un coup de théâtre en 96 heures La semaine dernière, l’annonce du limogeage surprise d’Ousmane Sonko par le chef de l’État avait plongé le pays dans la stupéfaction, alimentant toutes les rumeurs de rupture ou de crise de leadership au sein du couple exécutif. Pourtant, ce qui ressemblait à une disgrâce s’est avéré être le prélude d’une manœuvre politique d’une redoutable efficacité.
Retrouvant son siège de député, Ousmane Sonko s’est immédiatement positionné pour la présidence de la chambre basse. Sa victoire écrasante ce mardi démontre une discipline de fer au sein de la coalition majoritaire et confirme que le leader du Pastef reste le véritable pivot de la vie politique sénégalaise.

Une concentration des pouvoirs inédite
Avec Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République et désormais Ousmane Sonko solidement installé au perchoir de l’Assemblée nationale, le Pastef détient les clés de voûte des institutions sénégalaises. Cette domination sans partage devrait permettre à l’exécutif de faire voter ses réformes majeures sans craindre d’obstruction législative.
Toutefois, cette hyper-concentration des pouvoirs ne manquera pas de faire réagir l’opposition et la société civile, qui scruteront de près l’équilibre démocratique et l’indépendance du Parlement dans les mois à venir.
Quoi qu’il en soit, le « style Sonko », caractérisé par sa résilience et sa capacité à renverser les situations les plus complexes, vient une nouvelle fois de dicter le tempo de la politique sénégalaise. Une nouvelle ère s’ouvre à l’Assemblée, et le Pastef a désormais les coudées franches pour mener à bien son programme.
Par la Rayan Sofo (Glob’Media)










