L’Hôpital Laquintinie et la Fondation Cœur et Vie traquent le « Tueur Silencieux »
Face aux ravages croissants de l’hypertension artérielle au sein des ménages camerounais, la Fondation Cœur et Vie, en synergie avec l’Hôpital Laquintinie de Douala, a déployé une grande campagne de sensibilisation baptisée « Je connais ma tension ». Lancé officiellement le vendredi 22 mai 2026, ce programme vise à briser le cycle de l’ignorance et à encourager massivement l’auto-dépistage.

« Ensemble, faisons reculer l’hypertension au Cameroun. » C’est sous ce crédo mobilisateur et urgent que le programme national de sensibilisation a pris ses quartiers le vendredi 22 mai 2026 au sein de l’Hôpital Laquintinie de Douala. Initiée par la Fondation Cœur et Vie, cette campagne d’envergure se donne pour mission principale de stopper net la propagation de l’hypertension artérielle (HTA), une pathologie sournoise qui continue de décimer des familles entières dans l’anonymat le plus total.
Qualifiée à juste titre de « tueur silencieux », l’hypertension artérielle se caractérise par une absence quasi totale de signaux d’alerte à ses débuts. Des milliers de Camerounais vivent ainsi pendant des années avec des chiffres tensionnels anormalement élevés, sans ressentir le moindre malaise, jusqu’au jour où le drame survient.

Le défi de l’auto-dépistage spontané
Au Cameroun, la situation épidémiologique est alarmante : une personne sur trois souffre aujourd’hui d’hypertension artérielle. Cette statistique place la maladie comme l’une des toutes premières causes de mortalité cardiovasculaire à l’échelle mondiale.

Pour les organisateurs de la campagne, l’heure n’est plus à l’attente passive mais à l’action préventive. L’objectif de « Je connais ma tension » est précisément de susciter une prise de conscience collective afin d’inciter les populations à se faire dépister de façon spontanée, sans attendre d’être malades, ou à se rendre régulièrement à l’hôpital pour un contrôle rigoureux. Relever le défi du dépistage précoce constitue le seul levier efficace pour inverser la tendance.

Stress et hérédité : Des facteurs de risques majeurs
Présent lors du lancement officiel de la campagne, le Dr Armel Florent Djomou a tenu à clarifier les mécanismes qui favorisent l’apparition de cette pathologie. Les facteurs de risques se multiplient dans notre société moderne, et certains sont intimement liés à notre environnement psychologique et biologique. « Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’hypertension artérielle, mais figurez-vous qu’aujourd’hui, même être exposé à un stress permanent peut particulièrement participer à la provocation de l’hypertension artérielle. De même, avoir un parent qui a été hypertendu vous prédispose fortement à le devenir à votre tour », a averti le Dr Armel Florent Djomou. Face à ces menaces grandissantes, les professionnels de la santé se sont mobilisés en nombre à l’Hôpital Laquintinie pour encadrer, orienter et éduquer les usagers sur les mesures de prévention (réduction de la consommation de sel, pratique d’une activité physique régulière et gestion du stress).
Quand les symptômes arrivent, il est souvent trop tard
Le cri d’alarme du Dr Armel Florent Djomou est sans équivoque : attendre l’apparition des premiers symptômes est une erreur qui s’avère fréquemment fatale. De nombreux patients ne découvrent leur état que lorsqu’ils subissent de lourdes complications, telles qu’une paralysie soudaine ou un Accident Vasculaire Cérébral (AVC).

Pour d’autres, l’alerte prend la forme d’une vive douleur à la poitrine, synonyme de crise cardiaque imminente. Malheureusement, le pire des scénarios se répète trop souvent : « On s’aperçoit de la gravité seulement quand ils sont déjà tombés », déplore Dr Armel Florent Djomou. Les cas de décès subits hors des structures de soins se multiplient de façon inquiétante au sein de la communauté, que ce soit dans les hôtels, les auberges ou même dans le secret des toilettes familiales. La campagne « Je connais ma tension » s’impose donc comme un impératif de santé publique et de sécurité vitale. Connaître ses chiffres, c’est préserver sa vie et protéger l’avenir de son ménage. L’Hôpital Laquintinie et la Fondation Cœur et Vie attendent désormais les populations de Douala pour faire ce geste simple, rapide, mais qui sauve des vies.
Panisse Istral Fotso










