Ce texte vise à révéler et dénoncer l’un des visages de l’administration universitaire. Il rapporte des faits destinés à l’opinion publique, aux autorités universitaires et académiques, au Ministre de l’Enseignement supérieur, au Premier ministre et au Président de la République. J’en assume l’entière responsabilité de ses suites.

On est le 17 avril, je saisis le conseiller technique auprès du recteur de l’Université de Douala, également chargé des authentifications, afin de l’informer d’une demande en souffrance depuis près d’une semaine dans les courriels, en provenance d’une autre institution universitaire. Absent de son poste pendant des jours (d’après le rapport de Gatsi), l’informaticien responsable du courrier mettra près d’une semaine pour consulter les messages et retrouver le courrier. J’apprendai par la suite qu’une demande formelle est nécessaire, ainsi que le récépissé du versement d’une somme par pièce à authentifier, et les originaux des documents. Étant en fin de semaine, l’enfant se rendra à Douala le lundi suivant. Commencent alors de longues pérégrinations administratives. Après plus d’un mois d’attente, alors que je m’enquiers de l’avancement du dossier, le professeur Gatsi me répond, le 8 mai : « Le document est sur la table du recteur. J’attends sa signature. » Après ce mensonge éhonté, je suis confronté à un silence prolongé. Mon épouse se trouve à Douala depuis lundi (8 juin) ; l’attente n’en continue pas moins de se prolonger. Je veux croire que le fait d’avoir servi près de quatre ans à l’Université de Douala, ni le fait que l’enfant ait représenté ses camarades comme délégué, ne signifient rien. Il faut cependant souligner que l’obtention des authentifications requises par certaines institutions universitaires est un service payant. À ce titre, il doit bénéficier aux usagers des diligences les plus soutenues. Les demandes d’authentification ne sont pas des demandes d’aumône.

Dans un contexte socioéconomique de plus en plus difficile, la longue rétention des diplômes d’un jeune peut lui causer des préjudices considérables, en le privant de candidatures ou d’inscriptions pour défaut d’authentification. En l’espèce, de nombreux jeunes diplômés camerounais risquent de voir leurs demandes d’inscription rejetées pour absence d’attestation d’authenticité. Si le citoyen s’interdit certains excès, le parent ne peut rester indifférent devant la perspective de voir compromise l’année universitaire de son enfant. Il est possible que nous ne recevions jamais l’authentification requise et que l’opportunité de l’enfant soit définitivement compromise ; mais le moment est venu de révéler le véritable visage du professeur Jean Gatsi.
Cet homme, dissimulé derrière une vénération ostentatoire pour Paul Biya, met en œuvre une stratégie visant à détourner le regard de ses actions préjudiciables et de ses manœuvres en coulisses. Il convient dès lors d’interroger ses motivations profondes et d’évaluer sa réelle capacité à assumer avec efficacité les responsabilités administratives qui lui sont confiées.
Ne s’agit-il pas, au fond, de la manifestation d’une secrète frustration ? Au lieu de se trouver à son bureau pour instruire les demandes d’authentification qui relèvent de ses attributions, et au lieu d’y donner suite avec la diligence requise, Gatsi se pose en victime dans des textes insipides qu’il publie, rédigés à l’aide de l’intelligence artificielle, pour invectiver à mots voilés et lâchement contre ses supérieurs hiérarchiques.
À côté du professeur Ondoa, dont l’intelligence et la finesse sont unanimement reconnues, il apparaît comme une tache fruste. Le problème est que les discours et les pratiques de propagande ont nourri chez des arrivistes kakistocrates un sentiment d’impunité. Les services de suivi et de scolarité des étudiants, ainsi que la délivrance et l’authentification des diplômes, exigent un sens élevé du service public.

Les lecteurs de ce texte apprécieront l’ampleur des conséquences de son impéritie dans les commentaires qu’il suscitera. De combien de jeunes et infortunés étudiants la vie académique a-t-elle déjà été détruite du fait du refus de leur délivrer l’authentification de leurs diplômes ; combien d’autres ont-ils déjà été privés de la validation de leur recrutement en confisquant pendant des mois leurs documents ? Confier le sort académique des étudiants à un inapte administratif revient à les mettre en danger, et même à les condamner.
En ce qui me concerne, je ne ferai désormais l’économie d’aucun moyen pour révéler le calvaire que l’incompétence malfaisante inflige à la jeunesse universitaire. Les insoutenables légèretés et le cynisme dont Jean Gatsi fait preuve commandent logiquement que lui soit retirée cette responsabilité. Il a fourni une preuve de son haut sens de galanterie ce matin, alors qu’il partait pour un voyage, de faire attendre, une autre journée, mon épouse dans son secrétariat à qui il a annoncé son arrivée.
Je ferai sonner, aussi haut que possible, depuis le rectorat de l’Université de Douala jusqu’à la présidence de la République l’infamie et l’ignominie dont la délivrance des authentifications couvre l’université de Douala où les étudiants sont livrés aux extravagances d’un responsable palinodique. Des universités camerounaises délivrent des authentifications au bout de quelques jours. À Douala, un individu dicte la loi. La sienne. Sa petite loi. Nous sommes en République ! Et rien – pas même le décret du Président de la République dont il bénéficie – n’autorise Gatsi à retarder la procédure d’authentification des diplômes, à confisquer dans son secrétariat les authentifications signées du recteur et à retenir abusivement les diplômes des étudiants.
Professeur Jacques Èvùnà, Universitaire















