Alors que le système éducatif subit un déficit chronique de personnel qualifié et un gel partiel des recrutements, de nombreux fonctionnaires partis chercher fortune à l’étranger continuent de percevoir indûment leur rémunération. Ce scandale social et financier, entretenu par des complicités administratives internes, prive la jeunesse diplômée d’opportunités de carrière légitimes. Face à ce fléau, la responsabilité des ministères des Enseignements secondaires, de la Fonction publique et des Finances est directement interpellée pour assainir les effectifs et restaurer l’efficacité de nos établissements.

Le fléau des fonctionnaires fantômes
Avec l’exil pédagogique, le ministère des Enseignements secondaires pourrait bien abriter un scandale social et financier d’une ampleur insoupçonnée. S’il est légitime que chacun (e) puisse partir avec l’espoir noble de faire fortune ailleurs, il est profondément immoral de continuer à être rémunéré par un pays qu’on ne sert plus. Ce qui aggrave la situation, c’est que certains déserteurs bénéficient de complicités à plusieurs niveaux de l’administration, malgré d’innombrables recensements ; ce qui leur permet de spolier le trésor public camerounais.

Compte tenu de ses lourdes incidences sociales, cette situation interpelle clairement la responsabilité des ministères des Enseignements secondaires, de la Fonction publique et des Finances. De nombreux établissements sont privés d’atteindre leur efficacité fonctionnelle à cause d’un déficit désormais chronique en ressources humaines qualifiées. Or l’État impose des restrictions, allant souvent jusqu’au gel des recrutements, limitant ainsi l’intégration dans la Fonction publique. La solution est de débusquer les très nombreux fonctionnaires fantômes du secteur de l’éducation dont les parents – frères, cousines, oncles – continuent de percevoir indûment le salaire et de donner leur chance aux jeunes camerounais formés qui aspirent à y faire carrière.
Pr Jacques Evouna, professeur des Universités















