Insalubrité : Bwang bakoko menacé par les ordures

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La rareté de la collecte des déchets est à l’origine des dépôts d’ordures qui baignent au quartier Bwang bakoko situé dans l’arrondissement de Douala 3e. Une situation qui expose les populations à de nombreuses maladies.

Des couches de bébés, des plastiques, des restes de nourriture. Voilà ce qui constitue l’essentiel des déchets jetés au niveau de la palmeraie, un coin du quartier Bwang Bakoko situé non loin du centre de santé « la prospérité ». Ici, il est difficile de circuler à pied comme à voiture  à  cause des ordures qui obstruent le chemin. Les ordures déversées dans les caniveaux  ont complètement bouché ces voies de d’évacuation d’eaux usées. Conséquences,  ces eaux sales qui ont constitué des mini- lacs  sur  la route obstruent le passage et dégagent une odeur nauséabonde. Elles envahissent les alentours des habitations de Bwang Bakoko aussi.

Près de l’église catholique, sur la route qui mène vers le quartier « Bamenda », on retrouve également un grand dépôt d’ordures contenant des bouteilles plastiques et cassables, des épluchures des tubercules, des couches de bébés et autres déchets ménagers déversés à même  le sol. Abandonnées depuis  des mois  par  l’équipe de collecte  des ordures, ces déchets  sont devenus un réel problème pour  les  habitants de ce  quartier. Selon les riverains, l’accumulation de ces déchets rend l’atmosphère presque invivable et la qualité de l’air laisse à désirer.

« On vit vraiment dans de mauvaises conditions. L’odeur est trop forte, surtout quand il fait chaud. Les enfants tombent souvent malades », explique Amandine, une habitante du secteur.

Tout comme cette riveraine, plusieurs habitants dénoncent une situation qui dure depuis des mois. D’après leurs témoignages, le passage des services de collecte des déchets est devenu rare depuis deux ans environ dans le quartier. Ils ajoutent que les bacs à ordures déposés ici sont déjà pleins. Par conséquent, les ordures sont déversées à même le sol.

« Avant, les engins de collecte des déchets passaient souvent. Mais maintenant, ça peut  faire des mois ou même des années sans qu’on les voie. Parfois les populations sont obligées de remuer ou brûler ces ordures pour éviter qu’elles divisent la route en deux », lâche Hermione, une riveraine au lieu-dit maison blanche.

Face à cette accumulation de déchets, certains habitants n’ont pas d’autre choix que de les brûler. C’est une façon pour ces derniers de s’en débarrasser, sauf que cette pratique constitue un risque constant pour leur santé. « Quand on brûle les ordures, la fumée entre même dans les boutiques. Ça dérange les clients et ça nous fatigue ; plus d’une fois j’ai été hospitalisée à force de les inhaler » témoigne prudence.

Outre ces maladies respiratoires, l’insalubrité au quartier  Bwang Bakoko, dans  l’arrondissement de Douala 3eme, expose également les populations à des maladies qui peuvent facilement se propager. Ces déchets ont un impact direct sur les familles, qui doivent faire face à des dépenses hospitalières répétées. « Les maladies auxquelles sont exposées les populations qui vivent dans ces zones sont nombreuses. Il s’agit de la fièvre, de la typhoïde, des amibiases, des vers dans le ventre et des maladies liées au système respiratoire comme la grippe. Les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés. Leur organisme est plus fragile, donc ils tombent malades rapidement » déclare Dr Bouemeni Jean Noël. Malgré quelques tentatives d’assainissement menées par les habitants eux même, la situation reste préoccupante. Tous espèrent désormais une intervention urgente pour améliorer leur cadre de vie.

Francine Oïza (Glob’Media)

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