Le siège du Syndicat National des Transporteurs Routiers du Cameroun (SNTRC), situé au quartier Njiemoum à Bafoussam, a servi de cadre ce mardi à une réunion de crise cruciale pour l’avenir du secteur logistique dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. Sous la coordination de Michel Nzuguem, président régional de cette antenne syndicale, les transporteurs par camions se sont rassemblés pour dresser un état des lieux alarmant de leur profession et accorder leurs violons face à ce qu’ils qualifient d’« abus étatiques ».
Un quotidien jonché d’obstacles
Le métier de transporteur routier au Cameroun s’apparente de plus en plus à un parcours du combattant. Michel Nzuguem n’a pas mâché ses mots en énumérant les maux qui étranglent le secteur au quotidien : dégradation généralisée du réseau routier, multiplication des barrières de contrôle policières assimilées à des tracasseries permanentes, et absence criarde de plaques de signalisation visibles sur les axes majeurs.
À ces difficultés structurelles s’ajoute une concurrence déloyale féroce. Le syndicat dénonce vigoureusement les agissements de certains industriels qui s’improvisent transporteurs en deuxième catégorie sans s’acquitter des taxes réglementaires ni détenir de carte bleue, privant ainsi l’État de recettes et asphyxiant les opérateurs légitimes. Le SNTRC appelle d’ailleurs le gouvernement à un recensement rigoureux et fiable pour assainir le marché.

La vidéo-surveillance dans les cabines : la goutte d’eau qui fait jaser
Le véritable point de discorde, qui a cristallisé les tensions lors des échanges, concerne les récents arrêtés du ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhé. Le ministère tente d’imposer le placement de caméras de surveillance à l’intérieur même des cabines des camions pour contrôler les chauffeurs en pleine activité.
Une mesure jugée unilatérale et purement « inacceptable » par la base syndicale. Pour les responsables de l’antenne Ouest/Nord-Ouest, cette décision bafoue l’intimité des conducteurs et porte atteinte à leur intégrité morale. Les transporteurs rappellent une règle d’or de leur corporation : « Seuls les propriétaires de ces voitures sont habilités à veiller sur le comportement de leurs chauffeurs, des marchandises et des objets transportés. »
Vers une synergie d’actions
Face à ce qu’il qualifie de dérives et de mesures drastiques imposées sans concertation préalable, le SNTRC entend bander les muscles, tout en réaffirmant sa posture d’interlocuteur républicain. L’objectif de ces assises était clair : harmoniser et coordonner les points de vue pour engager une riposte collective et dénoncer ces freins à l’économie nationale.
Le syndicat rappelle qu’il dispose des mécanismes internes nécessaires pour encadrer, protéger mais aussi sanctionner ses membres en cas de comportements déviants, sans qu’il soit besoin d’une ingérence technologique intrusive de la part des autorités. Reste à savoir si le ministère des Transports entendra ce message de fermeté venu de Bafoussam, alors que le secteur des transports routiers menace de se gripper.
Rayan Sofo (Glob’Media)










