SNH : Jean-Michel Nintcheu interpelle le ministre de l’Eau et de l’Énergie sur une « gestion patrimoniale »

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Le député de l’opposition tire la sonnette d’alarme à l’Assemblée nationale concernant l’absence prolongée de l’Administrateur Directeur Général, Adolphe Moudiki, et l’ascension de son épouse au sein de la Société nationale des hydrocarbures.

La Société nationale des hydrocarbures (SNH) est-elle devenue une affaire de famille ? C’est la substance de la question orale sans complaisance que le député Jean-Michel Nintcheu vient de border à l’adresse du ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee). Le président du Front pour le changement du Cameroun (FCC) met les pieds dans le plat d’un dossier sensible, pointant du doigt ce qu’il qualifie de « scandale » au sommet de cette entreprise publique ultra-stratégique, poumon financier de l’État.

Au cœur des préoccupations du parlementaire : le retrait total de l’actuel Administrateur Directeur Général (ADG), Adolphe Moudiki. « Depuis près de trois ans, l’ADG Adolphe Moudiki a disparu de tous les radars. Zéro présence dans un conseil d’administration », assène l’honorable Nintcheu. Pour illustrer cette vacance de fait, le député rappelle un épisode marquant : l’absence de l’ADG à la session annuelle de l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO), qui s’est pourtant tenue récemment à Yaoundé.

Le rôle central de Nathalie Moudiki

Selon Jean-Michel Nintcheu, cette absence prolongée s’accompagne d’un glissement de pouvoir au profit de l’épouse de l’ADG, Nathalie Moudiki. Déjà Directrice des affaires juridiques et Conseillère technique au sein de la SNH, cette dernière aurait représenté son époux lors du sommet de l’APPO, une présence pourtant jugée « obligatoire » par le député pour le patron de la SNH.

L’élu va plus loin en évoquant le cas de « Cstar », une entité basée à Dubaï et spécialisée dans l’importation et le stockage de pétrole à Kribi, dont la SNH est actionnaire. Nathalie Moudiki en préside le conseil d’administration. Face à ce cumul, l’honorable Nintcheu s’interroge ouvertement sur les circuits de validation actuels : « Quand est-ce que le conseil d’administration a validé cette opération de succession à la tête de cette entreprise stratégique ? Qui a donné mandat à Mme Nathalie Moudiki d’agir pour le compte de la SNH ? »

Gouvernance par « signature scannée »

Plus troublant encore, le député relaie des suspicions sur la gestion administrative quotidienne de l’entreprise. D’après ses sources, les documents officiels soumis à validation ne porteraient plus la signature manuscrite d’Adolphe Moudiki, mais une simple image scannée. Une situation qui fragilise la régularité des actes de la SNH et pose la question de la réalité du pouvoir décisionnel. En interpellant directement le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Jean-Michel Nintcheu exige des clarifications immédiates pour l’opinion publique. « Les Camerounais ont le droit de savoir qui décide réellement de la gestion quotidienne de la SNH », conclut-il, redoutant que la gestion de la plus importante société d’État ne bascule définitivement dans une « logique patrimoniale ». Le ministre est désormais attendu au perchoir pour répondre à ces lourdes accusations.

Franck Régis Kamegne (Glob’Media)

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