Le corps sans vie d’Aïcha, 22 ans, mutilé et en état de décomposition, a été inhumé mercredi dernier à Baleng. Deux suspects sont actuellement sous les verrous à la brigade de recherche I.
La terre de Lagouen, dans l’arrondissement de Bafoussam 2ᵉ, s’est refermée mercredi 29 juillet 2026 sur la jeune Aïcha. Devant une foule de proches et d’amis effondrés, la douleur s’est mêlée à l’incompréhension face à la barbarie d’un acte inédit dans la localité. Retrouvée au pied d’un avocatier après trois jours de recherches intenses, la victime de 22 ans a subi des sévices d’une insoutenable cruauté : pieds et mains ligotés, langue tirée, œil arraché, blessures par poignard et brûlures au fer à repasser.
Tout commence le dimanche 26 juillet au matin. Aïcha quitte le domicile familial, vêtue d’une culotte bleue et d’un t-shirt rouge, pour accompagner un inconnu. « Maman j’arrive, je ne dois pas durer », lance-t-elle à sa mère, Nadège Kongne Kongne, prévoyant de revenir dans les trente minutes pour l’aider à conduire son cadet à l’hôpital. Elle ne donnera plus aucun signe de vie. Face à ce retard inhabituel, l’angoisse maternelle fait vite place à un sombre pressentiment. Après trois nuits de fouilles désespérées menées par la famille dans les ravins et les champs environnants, la tragique confirmation tombe mardi lorsqu’un chef de chantier découvre la dépouille dissimulée dans une maïserie. Dans le monde professionnel comme au quartier, le choc est immense. Mécanicienne et secrétaire dans un garage du quartier Garage de Yaoundé à Bafoussam, Aïcha était décrite comme une jeune fille battante, respectueuse et polyvalente. « C’était la seule fille, elle faisait tout […]. Aïcha nous manque déjà », témoigne Wilfrid, l’un de ses collègues venus en urgence sur les lieux.
Saisie de l’affaire, la brigade de recherche I de Bafoussam a rapidement ouvert une enquête. L’exploitation des derniers appels et la traçabilité du téléphone de la victime ont déjà conduit à l’interpellation et à la garde à vue de deux suspects. Selon Pierre Ngayewang, chef du comité de sécurité de Lagouen, un jeune homme aperçu en compagnie de la victime le matin du drame figure parmi les pistes privilégiées, tout comme les témoignages de deux conducteurs de mototaxis. Alors que l’enquête se poursuit pour faire toute la lumière sur ce violent fait divers, la colère monte au sein de la population locale, qui pointe du doigt la vulnérabilité du quartier en journée.
Dylan Pola, correspondant (Glob’Media), Bafoussam










