Recensement général de la population : L’UDC pointe un flou artistique et redoute des manipulations

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Dans un communiqué rendu public le 23 août dernier, la présidente nationale de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Patricia Tomaino Ndam Njoya, exprime ses vives inquiétudes quant à la crédibilité du 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE).

Problèmes de paiement des agents de terrain, résistances au sein des ménages et surtout glissements intempestifs du calendrier officiel : le déroulement du 4e RGPH ressemble de plus en plus à un parcours du combattant. Lancée initialement le 24 avril pour une durée d’un mois, l’opération accumule les prorogations signées par le Premier ministre, repoussant la date de clôture au 31 juillet, puis désormais au 15 septembre.

Face à ce qu’elle qualifie de « prolongations à n’en plus finir », la patronne de l’UDC s’interroge publiquement sur la qualité des données collectées dans un tel contexte d’incertitude et de silence institutionnel.

Griefs et propositions de l’UDC

Répétition des erreurs du passé : L’UDC rappelle le précédent du 3e recensement de novembre 2005, dont les résultats n’avaient été publiés qu’en avril 2010. Le parti s’interroge sur les raisons de ces retards chroniques et craint une rétention stratégique ou une manipulation des données démographiques.

Transparence et remontée des données : Pour éviter un traitement opaque au niveau central, la formation politique exige la mise en place d’un chronogramme public imposant une publication progressive des chiffres, du quartier vers la commune, puis le département, la région et le niveau national. Traitement des agents recenseurs : Le communiqué insiste sur la régularisation financière intégrale de la situation des agents déployés sur le terrain, dont les griefs ont lourdement entravé la collecte.

Dépolitisation du processus : Patricia Tomaino Ndam Njoya lance un appel direct aux citoyens pour lever les résistances constatées chez de nombreux ménages, rappelant qu’un recensement reste un outil de développement national neutre.

Cette prise de position de l’UDC rejoint les critiques formulées quelques semaines plus tôt par d’autres formations de l’opposition, à l’instar du MRC qui dénonçait fin juillet une « gestion chaotique ». Alors que le délai du 15 septembre approche, le gouvernement se retrouve sous pression pour garantir l’équité et la fiabilité de cette cartographie nationale.

Rayan Sofo (Glob’Media)

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