Portée par des tensions sur l’offre mondiale, la fin du mois de juillet 2026 consacre une embellie marquée pour le café camerounais sur les marchés internationaux. Si l’Arabica et le Robusta atteignent des sommets à l’exportation, les prix bord champ maintiennent une stabilité rassurante dans les bassins de production du Moungo et de l’Ouest.

Une dynamique haussière qui redonne le sourire aux acteurs du secteur. D’après les derniers relevés du Système d’information sur les Marchés (SIF) de l’Office National du Cacao et du Café (ONCC), arrêtés au 27 juillet 2026, les cours CAF (Coût, Assurance et Fret) du café camerounais affichent une hausse spectaculaire. Le kilogramme d’Arabica franchit la barre symbolique des 4 000 FCFA pour s’établir à 4 041 FCFA/kg, tandis que le Robusta grimpe à 2 230 FCFA/kg. Cette envolée s’explique principalement par les tensions persistantes sur l’offre mondiale, marquées par des aléas climatiques et des difficultés logistiques chez certains grands producteurs d’Amérique latine et d’Asie, replaçant l’origine Cameroun au cœur des attentions des négociants internationaux.

Stabilité stratégique dans le Moungo et l’Ouest
Sur le terrain, la répercussion de ces chiffres mondiaux traduit un équilibre prudent. Dans les bassins de production historiques, notamment le Moungo et la région de l’Ouest, le prix bord champ du Robusta fait preuve d’une solide stabilité. Les transactions aux producteurs y fluctuent actuellement dans une fourchette comprise entre 1 350 et 1 450 FCFA/kg.

Variété / Indicateur Cours CAF (International) Prix Bord Champ (Producteur) Arabica 4 041 FCFA/kg Robusta 2 230 FCFA/kg 1 350-1 450 FCFA/kg selon le Système d’information sur les Marchés et l’Office National du Cacao et du Café, relevés du 27 juillet 2026. Cet équilibre des prix d’achat locaux offre une bouffée d’oxygène bienvenue aux coopératives et aux groupements d’agriculteurs. Après plusieurs campagnes en demi-teinte, ces niveaux de prix permettent d’amortir les coûts d’intrants et de maintenir une rémunération décente pour les planteurs.

La concrétisation de ces bonnes performances financières reste suspendue aux réalités du calendrier pluviométrique. En cette période de fortes précipitations sur la dorsale camerounaise, l’état des voies d’accès rurales et les difficultés de séchage représentent de vrais obstacles. Pour optimiser leurs marges et sécuriser les revenus finaux des producteurs, les coopératives doivent faire preuve d’une rigueur logistique accrue : éviter la détérioration de la qualité des fèves stockées, négocier les coûts de transport vers le port de Douala et accélérer les flux d’évacuation. Si la conjoncture internationale joue en faveur du Cameroun, le véritable enjeu des prochaines semaines se jouera sur la capacité des acteurs locaux à transformer cet essai commercial malgré le défi des intempéries.

PIF















