Dans une réflexion poignante rendue publique le 28 juillet dernier depuis Ngomdouma, l’ancien ministre et magistrat hors hiérarchie jette un regard lucide sur le parcours démocratique du Cameroun depuis les « années de braise ». Entre hommage aux fondations posées par le Président Paul Biya et appel vibrant au respect des institutions, l’homme de loi interpelle l’ensemble de la classe politique.
Le souvenir des fondations : Le courage de 1990
L’histoire politique du Cameroun moderne est traversée par des moments de grande tension où le destin de la nation s’est joué à quelques arbitrages majeurs. Dans sa récente prise de parole intitulée « Ne jouons pas avec le Cameroun », Ange Michel Angouing, aujourd’hui Conseiller technique au Ministère de la Justice, remonte le fil du temps jusqu’au début des années 1990.

Cette période charnière marquée par l’ouverture au multipartisme, l’émergence du Social Democratic Front (SDF) à Bamenda et la pression de la rue a éprouvé la solidité de l’État. Face à la tourmente, le Président de la République, Paul Biya, avait su imposer une vision d’État et un sens de la communication politique restés gravés dans les mémoires, à travers des formules devenues historiques : « Me voici donc à Douala » ou encore « Lorsque Yaoundé respire, le Cameroun vit ».
Pour surmonter ces épreuves, le Chef de l’État s’appuyait alors sur une équipe d’anciens hauts commis de l’État, unis par la fidélité et le sens de l’intérêt supérieur de la nation. L’auteur cite notamment des figures majeures de l’appareil d’État telles que Laurent Esso, René Emmanuel Sadi, Pierre Moukoko Mbonjo, Jacques Fame Ndongo ou encore Jean Nkuete, formés à la culture de la réserve et du devoir.
Une maturation démocratique en question
L’une des interrogations centrales soulevées par l’ancien ministre réside dans la dialectique entre la vision présidentielle et les réalités du terrain politique. Alors que le Président Paul Biya déclarait dès le congrès de son parti que le moment était venu d’ouvrir le pays à la concurrence démocratique, convaincu de la maturité du peuple camerounais, d’autres voix s’élevaient pour appeler à la prudence. Ce fut le cas du regretté Basile Emah, emblématique maire de Yaoundé, réticent face à un passage brutal au multipartisme.
Trente-cinq ans plus tard, le constat dressé par le magistrat est sans concession : la pratique démocratique demeure laborieuse. Ange Michel Angouing s’interroge avec gravité : le Président de la République était-il le seul à croire à cette démocratie ? En observant les querelles de positionnement entre détenteurs du pouvoir soucieux de leurs privilèges et aspirants à la gouvernance parfois repliés sur des postures communautaires, l’auteur met en garde contre le risque d’altérer l’héritage politique du Chef de l’État.

« Le spectacle désagréable auquel se livrent les détenteurs du pouvoir et ceux qui sont à la conquête du pouvoir n’honore pas notre pays que nous prétendons aimer tous. C’est pour cela que la jeunesse responsable appelle au changement », soulève Ange Michel Angouing.

Règles du jeu, justice et cohésion sociale
Pour préserver la paix nationale ce « bien le plus précieux » cher au Président Paul Biya, l’ancien ministre rappelle que la politique ne doit pas s’égarer dans l’invective, la manipulation, la tricherie ou le trafic d’influence. La conquête ou le maintien du pouvoir doit reposer exclusivement sur l’évaluation des bilans et la pertinence des projets de société soumis aux citoyens. Dans cette perspective, le rôle des institutions chargées de la gestion des processus électoraux s’avère primordial. Elles sont appelées à remplir tout leur devoir, dans le strict respect de la légalité et pour la crédibilité des consultations à venir.
En tant que juriste de carrière, Ange Michel Angouing conclut sa tribune en formant le vœu d’une Justice forte et sereine, capable de jouer pleinement son rôle de régulateur social :
Un État de droit assumé : Dire le droit en toute circonstance, sans complaisance ni partialité.
Le choix de la paix : Placer la cohésion nationale au-dessus des ambitions individuelles ou partisanes.
Le respect de l’héritage : Consolider l’œuvre du Président Paul Biya, l’« homme qui a apporté la démocratie et le développement au Cameroun ».
Face aux échéances futures, le message de l’ancien ministre sonne comme un rappel à la raison pour l’ensemble des acteurs de la vie nationale : préserver la paix et consolider les acquis démocratiques reste le seul horizon viable pour le Cameroun.
Panisse Istral Fotso










