Plus d’une quinzaine de mineurs ont été découverts confinés dans un domicile au quartier Essos, sous le couvert de séances de prière. Les forces de l’ordre ont mis fin aux activités suspectes de la dénommée « Linda » ce mercredi 2 septembre 2026.
Le calme apparent du quartier Essos, dans le 4ᵉ arrondissement de la capitale politique, a été brutalement interrompu ce mercredi 2 septembre 2026. Une descente musclée des forces de maintien de l’ordre, accompagnée des autorités administratives et traditionnelles, a permis de démanteler une véritable planque suspectée de servir de plaque tournante pour la traite d’enfants. À l’origine de cette intervention, l’alerte donnée par des riverains intrigués par d’étranges mouvements et un manège continuel autour d’une concession fermée à double tour. « On a eu des informations selon lesquelles il y avait des activités suspectes dans cette maison. Nous nous sommes mobilisés pour venir voir », a déclaré Akondji Elvis Mbahangwen, Sous-préfet de Yaoundé 4.
Prières de façade et pièces compartimentées
Sur les lieux, la perquisition menée conjointement avec Sa Majesté Mathieu Serge Abega, Chef de 3ᵉ degré de Mimboman 1 Centre, révèle un tableau inquiétant. Une première vague de quinze personnes est immédiatement évacuée du domicile. « Le premier véhicule qui est parti transportait 15 personnes. Il y avait moins de treize mineurs. J’ai vu quelques têtes de personnes suffisamment avancées en âge. Le reste, c’étaient des mineurs de moins de 21 ans », témoigne le chef traditionnel. Pour se justifier devant les enquêteurs, la maîtresse des lieux une dame connue sous le prénom de Linda affirme qu’elle organisait de simples « séances de prière » avec les enfants. Mais la réalité du terrain contredit rapidement cette version. En poursuivant la fouille des lieux, la police découvre un escalier dissimulé menant à un bâtiment supérieur dont la porte a dû être enfoncée à coups de force physique. À l’intérieur, une configuration millimétrée : un appartement compartimenté comprenant un salon, un bureau, des chambres remplies de vêtements pour enfants et adultes, ainsi que trois congélateurs remplis de gamelles de nourriture.
Des années de soupçons et de discrétion
Dans le voisinage, les langues se délient enfin. Hussein, ancien locataire de la bailleresse et aujourd’hui chauffeur de moto-taxi, soutient que les dérives de la dame ne datent pas d’hier. « Elle a fermé plus de 6 boutiques pour faire ces conneries-là. Elle nous a chassés depuis 2023. Elle peut faire 6 mois sans qu’on ne la voie. Elle est seulement à l’intérieur », révèle-t-il. Ce dernier raconte avoir aperçu à plusieurs reprises, aux premières heures du jour, des fillettes masquées entrer ou sortir discrètement du domicile.
Alertés par ces navettes incessantes et l’isolation totale de la concession, les chefs traditionnels locaux suivaient la situation de près avant que l’alerte générale ne déclenche l’assaut des forces de l’ordre.
Une enquête ouverte
Toutes les personnes appréhendées, y compris les mineurs retrouvés sur place, ont été conduites au commissariat central de Yaoundé 4 pour des vérifications approfondies. Le Sous-préfet de Yaoundé 4 invite d’ores et déjà les familles à la recherche d’enfants disparus à se rapprocher des services de police.
Une enquête judiciaire a été ouverte par le procureur de la République pour faire toute la lumière sur ce réseau et déterminer l’ampleur exacte du trafic qui se tramait à l’ombre du quartier Essos. Le journal Le Messager suivra de près l’évolution de cette affaire.
Johan Adoumou (Glob’Media)










