Le projet HISWACA-SOP2 impulse une transformation majeure du système statistique national. Porté par l’INS et financé à hauteur de 63 milliards de FCFA jusqu’en 2029, ce programme entend moderniser la collecte des données pour optimiser la planification publique et aligner le pays sur les standards internationaux.
Combien sont-ils ? Où vivent-ils ? De quoi ont-ils besoin ? Derrière ces questions cruciales pour l’avenir de la nation se cache un enjeu déterminant : la disponibilité de données statistiques fiables. Pour relever ce défi, le Cameroun s’est engagé dans la deuxième phase du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (HISWACA-SOP2). Évalué à environ 63 milliards de FCFA avec le soutien décisif de la Banque mondiale, ce programme quinquennal (2024-2029) vise à refondre le système statistique national sous la houlette de l’Institut national de la statistique (INS).

La mobilisation de terrain : le recensement en ligne de mire
Le dénombrement précis de la population constitue la pierre angulaire de cette initiative. Sur le terrain, les autorités administratives multiplient les appels à la collaboration citoyenne. À Yaoundé Ier, le sous-préfet Harouna Mgbatou s’active pour sensibiliser les populations et recadrer les responsables locaux. « On recense parce qu’on veut organiser, on veut mettre en place des politiques publiques, on veut arranger », rappelle-t-il, soulignant qu’une localité mal recensée s’expose à une sous-estimation lors de l’allocation des infrastructures publiques (écoles, centres de santé, routes, réseaux d’eau et d’électricité).
Accompagné des forces locales, le sous-préfet a arpenté plusieurs quartiers de son arrondissement, notamment Bastos, Opolo, Nkolok, Nkolombo et Manguier tout en remobilisant fermement les chefs de bloc. L’objectif est clair : garantir un maillage territorial sans faille pour qu’aucun citoyen ne soit oublié.
Réformes structurelles et gouvernance des données
Au-delà de la cartographie démographique, HISWACA-SOP2 ambitionne de moderniser l’ensemble de la chaîne de production de l’information statistique : Fiabilisation des outils de collecte : Amélioration des méthodes de traitement, d’analyse et de diffusion des données socio-économiques.
Comptes de l’énergie : Dès juin 2026, l’INS a amorcé la mise en place d’outils destinés à évaluer l’impact des activités économiques sur la consommation énergétique et l’environnement.
Mise aux normes internationales : Le Cameroun prépare sa migration vers la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD) du FMI, gage de transparence pour les investisseurs et partenaires financiers.
Infrastructures et équipements : Réhabilitation des capacités matérielles du Bureau central des recensements et des études de population (BUCREP) pour faire face à la croissance démographique et à l’urbanisation rapide.

Une portée intégrée à l’échelle de la CEMAC
Le projet s’inscrit également dans un cadre d’intégration régionale. En harmonisant ses méthodes de collecte avec les standards d’Afrique centrale et de l’Ouest, le Cameroun entend faciliter la comparaison des indicateurs au sein de la CEMAC et renforcer le suivi des politiques économiques communes. D’ici 2029, l’efficacité de cet investissement ne se mesurera pas uniquement au volume des équipements acquis, mais à la capacité de l’État à fonder ses décisions politiques sur des statistiques rigoureuses, actualisées et accessibles à tous.
Jordan Essiene (Glob’Media)










