Impunités et assassinats de journalistes : Le SNJC exige la vérité au pays de Martinez Zogo

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À l’occasion de la 13e Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre 2026, le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) dresse un bilan alarmant. Entre menaces persistantes, enlisement judiciaire et régression de la liberté de presse, la profession réclame des actions fortes.

Dans un message fort, le SNJC dresse un tableau sombre de la sécurité de la profession au Cameroun et fustige la lenteur des procédures judiciaires, notamment dans l’affaire Martinez Zogo. Un tableau sombre de la sécurité de la presse au Cameroun « Aucune société ne peut se prétendre démocratique lorsque celles et ceux qui informent le public sont menacés, agressés, arrêtés, torturés ou tués sans que justice ne soit rendue. » C’est par ce manifeste sans équivoque que le SNJC, dirigé par sa présidente nationale Marion Obam, a ouvert les commémorations de cette 13e édition.

Dans un contexte national particulièrement tendu, le syndicat a rappelé les figures tragiquement arrachées à la corporation au fil des ans : Bibi Ngota, Jules Koum Koum, Samuel Wazizi, Ernestine Ouandie, Anye Nde Nsoh, Becky Jeme Iyabo, Martinez Zogo, et bien d’autres. Pour la plupart de ces drames, les circonstances restent non élucidées et l’impunité demeure la règle.

L’affaire Martinez Zogo : L’espoir déçu face aux lenteurs judiciaires

L’ouverture du procès de l’affaire Martinez Zogo avait fait naître un immense espoir au sein de l’opinion publique et de la corporation, constituant la première velléité réelle d’identifier les auteurs, commanditaires et complices. Cependant, le SNJC déplore aujourd’hui les nombreux reports, lenteurs et manœuvres aux allures d’enlisement devant le tribunal militaire. Pour l’exécutif national, « le temps ne doit pas devenir l’allié de l’impunité ». Les familles et l’ensemble de la profession exigent la vérité : qui a commandité le meurtre ? Qui a planifié le crime ?

Une détérioration mesurée du classement de la liberté de la presse

Le tragique assassinat de Martinez Zogo a eu un impact direct et mesurable sur la position du Cameroun à l’international. Comme l’a souligné Marion Obam : En 2022 (avant le drame), le Cameroun occupait le 118e rang mondial. En 2023 (suite à l’assassinat), le pays a chuté au 138e rang, perdant subitement 20 places au classement international, illustrant le poids dévastateur des violences faites aux journalistes sur la perception de l’État de droit.

Les interpellations solennelles du SNJC

S’alignant sur le thème mondial de l’UNESCO pour cette année « Les menaces évoluent, l’impunité demeure », le SNJC a formulé une série d’exigences claires : à l’autorité judiciaire : conduire les procédures avec célérité, transparence et impartialité. Aux pouvoirs publics : garantir la sécurité physique des journalistes et bâtir un environnement propice à l’indépendance de la profession.

Aux forces de défense et de sécurité : respecter les droits des journalistes et mettre un terme à toute intimidation ou entrave professionnelle. Aux acteurs politiques et administratifs : bannir les discours de haine, les menaces et les campagnes de stigmatisation contre la presse.

Solidarité transfrontalière et défis locaux dans le Littoral

Intervenant lors de cette journée, Yanick Bezang, président de la section SNJC du Littoral, a également attiré l’attention sur les tracasseries judiciaires locales visant les journalistes, à l’instar de l’affaire concernant le journaliste Magic Ngoko poursuivi devant le tribunal de première instance de Bonanjo, dont le délibéré est attendu très prochainement. Le syndicat réaffirme son soutien indéfectible à tous ses membres menacés, rappelant qu’aucun désaccord éditorial ou débat de plateau ne saurait justifier la répression judiciaire ou physique.

P I F

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