Dimanche 1er novembre 2026, jour des assises du Comité Communal de Douala III au quartier Saint-Agnès. Le but de la rencontre : faire le point sur l’avenir du parti à l’approche des élections municipales et législatives de 2027.
Le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) ne faiblit pas. Bien au contraire. Le comité communal de Douala 3e a tenu ses assises en présence de tous les hauts cadres locaux et d’un invité de marque : Cabral Libii, Président National de ladite formation politique. La présence du leader n’était pas anodine : il est venu booster à nouveau ses camarades et faire taire les rumeurs selon lesquelles le parti serait fragilisé suite au départ de certains cadres et militants.
Heure au travail et à la méritocratie
L’objectif de la rencontre était axé sur la redynamisation des militants. Selon leur vision, l’heure est au travail et ceci concerne toutes les couches sociales de Douala 3e. D’après Jean Louis Batoum, la méritocratie restera le seul canal pour récompenser tous ceux qui s’investiront pour la victoire du parti aux prochaines échéances. Dans une commune aussi riche et convoitée par différents adversaires, il n’est plus question de se tourner les pouces, mais de passer à la conquête. L’heure est au réveil. « Nous sommes à la veille des élections législatives et municipales, nous sommes dans une commune qui est assez convoitée, il est question pour nous de rassembler et de redynamiser nos camarades, de les mettre face à des objectifs bien précis, de les préparer aux élections qui arrivent afin que nous ne soyons pas surpris comme en 2020 au vu des résultats que nous avons eus, parce que nous comptons cette fois-ci prendre la commune de Douala 3e », déclare Jean Louis Batoum, Secrétaire National à l’organisation et aux ressources du PCRN et Président du comité des assises de Douala 3e.

Le bilan des élus
Quand vient le temps de faire le bilan, Vincent De Paul Yede, Conseiller Municipal de Douala 3e et membre du comité directeur, a rappelé le rôle d’interface joué par les élus PCRN, notamment dans la lutte contre le carburant frelaté.
« Comme vous le savez, c’est le RDPC qui est au niveau de l’exécutif, mais nous, comme conseillers municipaux, nous avons joué notre rôle qui est celui d’être une interface entre les populations et l’exécutif. Nous avons également joué un rôle très actif lorsqu’il y a eu ce trafic de carburant frelaté à Douala 3e. Nous avons interpellé les autorités et comme vous pouvez le constater, il y a moins de vente aujourd’hui. Pour ce qui est des perspectives, nous avons eu le temps d’apprendre. Nous ne sommes plus dans l’attente, il est temps que le PCRN passe à l’assaut. » Même son de cloche pour le Président du Comité Communal, Ibrahim Moussa : « Le bilan est positif. Vous savez, dans une commune, les conseillers n’ont pas de place pour les décisions, c’est l’exécutif qui décide, mais les conseillers ont fait ce qu’ils pouvaient faire. À l’approche des échéances, nous sommes ici pour la remobilisation, nous allons essayer de remobiliser nos troupes pour qu’on puisse avancer. La population est en train de voir aujourd’hui ceux qui dirigent cette mairie et ce qu’ils ont fait comme travail. Et le moment venu, elle va agir, car pour le moment nous sommes sur la bonne voie. »
La politique du silence
Pour ce qui est de la quête de nouveaux militants, pas besoin de faire du porte-à-porte ou de faire les yeux doux. Comme quoi, le bon miel n’a pas besoin de propagande pour se vendre.
« Nous n’avons pas d’autres possibilités de chercher les militants, car les militants viennent d’eux-mêmes, nous ne faisons pas de tapage comme les autres. Ceux qui partent peuvent faire du bruit en partant, mais nous, ceux qui partent, nous ne faisons pas de bruit et ceux qui viennent également, nous ne faisons pas de bruit. C’est mieux ainsi, c’est ça la politique du silence », précise Ibrahim Moussa. Dans les locaux des assises, ils étaient plus d’une vingtaine à rejoindre les rangs du PCRN. Le jeune Ngodi Moïse rêve d’une société où les jeunes seront au firmament grâce à leurs talents. « Ce qui me motive pour le PCRN, comme tous les partis il vise le meilleur, mais il a à sa tête un président comme Cabral Libii, ce monsieur qui inspire la jeunesse par ses démarches et son courage et j’aimerais être auprès de lui pour un Cameroun meilleur. Quant à nos projets, nous jeunes connaissons la souffrance à laquelle nous sommes confrontés, on nous appelle la jeunesse sacrifiée, et avec Cabral nous pensons qu’on pourra atteindre le meilleur. »
Cabral Libii : « Je suis venu, j’ai vu… »
Cabral Libii se félicite de la maturité des membres de son équipage à Douala.
« Le PCRN est un parti qui a grandi et qui est suffisamment grand, doté d’organes de base qui fonctionnent de façon autonome. Je n’ai pas l’habitude en tant que président national d’assister aux assises des comités communaux, non pas que cela ne soit pas intéressant, mais parce qu’ils ne trouvent plus la nécessité de m’inviter souvent, ce qui est normal parce que le parti a grandi et ses bases se consolident. » Le véritable but de sa venue surprise était de toucher du doigt ce qui se racontait un peu partout. Ce qui, d’après lui, n’était que rumeurs.
« Il se passe que dans cette commune de Douala 3e en particulier, il y a eu beaucoup de bruits ces derniers temps sur les réseaux sociaux liés au départ de certains militants et de certains cadres. On a lu partout que les rangs du PCRN se vidaient à Wouri-Est et à Douala 3e. Je suis donc venu dire à mes camarades de façon surprise, que j’aimerais m’approprier cette formule de Jules César lorsqu’il avait remporté une célèbre victoire en 47 avant Jésus-Christ. Il avait dit : ‘Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu’. Je peux déjà m’approprier les deux premières parties de la formule : je suis venu, j’ai vu. Au moment où j’arrivais, hier seulement il y a eu l’adhésion d’une cinquantaine de militants. Je suis venu, j’ai vu un PCRN à Douala 3e totalement en mouvement, en dynamisme et en préparation enthousiaste des élections de 2027. »

Sa prochaine venue se fera en fanfare, avec des chants de victoire : « J’aimerais donc revenir ici après cette élection pour compléter la formule, cette fois en disant : j’étais venu, j’avais vu et maintenant nous avons vaincu », déclare Cabral Libii, Président du PCRN.
Les Ladies, un maillon fort
Les Ladies étaient massivement représentées dans la salle. La Présidente Nationale, Madame Grâce Moukoudi, en a profité pour dévoiler les véritables enjeux et chantiers qu’envisagent ces braves dames pour l’avenir du parti lors des prochaines échéances électorales à Douala 3e. Car cette branche d’amazones compte bien porter le flambeau et hisser haut les couleurs du parti. « Mon arrivée ici, c’est pour mobiliser les femmes, les encourager à ne pas avoir peur de porter leur candidature, de se faire entendre avec courage et bravoure aux côtés des hommes parce qu’elles ont aussi leur mot à dire. Puisqu’on dit souvent que derrière un grand homme se cache une grande femme. » Le message des militants de Douala 3 est clair : le parti respire la pleine forme. Entre bilan d’opposant assumé, stratégie de silence qui fait du bruit et un président qui descend lui-même sur le terrain pour rassurer ses troupes, les assises de Saint-Agnès ont donné le coup d’envoi pour 2027.
Lisa YOUMSSI (Glob’Media)










