Tchiroma en Gambie

0
8

Le communiqué qui parle entre les lignes

Le communiqué gambien sur l’hébergement de Tchiroma Bakary peut sembler banal. Il ne l’est certainement pas. Derrière les formules policées se lit un message diplomatique bien plus profond que ce qu’il affiche.

En invoquant des « raisons humanitaires », Banjul se place volontairement sous un parapluie neutre : aider sans reconnaître,  accueillir sans s’engager politiquement.  C’est le vocabulaire classique des états qui veulent éviter l’accusation d’ingérence.  Mais la phrase clé est ailleurs : le territoire gambien « ne servira à aucune activité subversive ». Un avertissement courtois mais clair adressé à Yaoundé.  La Gambie rassure le Cameroun avant même que les soupçons n’émergent.  Elle connaît la sensibilité du dossier et prend les devants. L’insistance sur le caractère « temporaire » de l’accueil ainsi que la mention d’une coordination régionale avec le Nigeria, confirme cette prudence : Banjul ne veut ni être isolée,  ni apparaître comme le refuge d’une figure politique en pleine crise post-électorale.  Au fond,  ce  communiqué est un exercice d’équilibrisme : aider un homme sans contrarier un état,  rester humain sans devenir partisan.  La Gambie ne prend pas position ; elle prend des précautions.  Et dans la diplomatie contemporaine, cela dit déjà beaucoup.

Stivin Temdemnou (journaliste Glob’Media)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here