L’espoir d’une paix durable aura été de courte durée. Moins de 48 heures après le départ historique du Pape Louis XIV, le Nord-Ouest s’est à nouveau embrasé. Entre embuscades meurtrières et assassinats ciblés, le bilan est lourd : quatre éléments des forces de défense et de sécurité ont perdu la vie, douchant les espoirs de réconciliation nés de la visite pontificale.
Un répit de courte durée
Le jeudi 16 avril 2026 restera dans les mémoires comme une parenthèse enchantée. À Bamenda, les homélies du Pape Louis XIV sur le pardon et la fraternité semblaient avoir imposé un silence sacré aux armes. Mais dès le départ du Souverain Pontife, la réalité brutale du conflit anglophone a repris ses droits, prouvant que la « diplomatie de la foi » peine encore à désarmer les cœurs et les fusils.
Chronologie d’un week-end sanglant
La reprise des hostilités a été d’une violence chirurgicale, visant les symboles de l’autorité de l’État : Samedi (Benakouma & Bafut) : Alors que l’émotion de la visite papale était encore vive, un gendarme en faction devant l’hôtel Blue Pearl à Benakouma a été froidement assassiné. Simultanément, à Bafut, un autre agent succombait lors d’une attaque surprise.
Lundi (Ndop) : Le coup le plus dur a été porté lors du retour d’une patrouille de sécurisation. Tombées dans un guet-apens méticuleusement préparé, les forces régulières ont perdu deux hommes sous un déluge de feu, illustrant la maîtrise du terrain accidenté par les groupes séparatistes.
Le bilan : En l’espace de trois jours, quatre représentants des forces de l’ordre (Police, Gendarmerie et Armée) ont été abattus.
La stratégie du chaos : Entre symbolisme et terreur
Cette escalade n’est pas le fruit du hasard. Pour les observateurs, ces attaques coordonnées constituent un message politique cinglant envoyé à Yaoundé et à la communauté internationale.
En frappant juste après le départ du Pape, les groupes sécessionnistes affirment leur capacité de nuisance et signifient que la crise ne se résoudra pas par de simples médiations symboliques. Cette « stratégie de la terreur » avait d’ailleurs débuté avant l’arrivée du Pape, notamment dans le Sud-Ouest, où l’attaque sanglante d’un snack-bar avait coûté la vie à six civils.
Une population entre deux feux
Aujourd’hui, l’amertume remplace la ferveur à Bamenda. Les populations civiles, coincées entre la répression et l’insurrection, voient le message de paix du Vatican s’évaporer dans la brume des hauts plateaux.
Le constat est glacial : si la foi a pu offrir une trêve de quelques heures, la résolution politique du conflit, elle, semble toujours au point mort. La « terre de promesse » célébrée durant la messe papale reste, pour l’heure, une terre de tranchées et de deuil.
Par Rayan Sofo (Glob’Media) Suivez l’actualité en continu sur nos réseaux sociaux.










