Fautes médicales graves : Ces médecins suspendus après les décès de Barbara Bengono et Stéphanie Siewe

0
3

L’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) vient de rendre son verdict dans les affaires tragiques qui ont coûté la vie au Dr Barbara Bengono au CHU de Yaoundé et à la jeune élève Stéphanie Siewe à Douala. Réunie en session disciplinaire, la corporation a établi une lourde chaîne de responsabilités, épinglant éminents professeurs, médecins et résidents pour négligences graves, erreurs techniques et complicité d’exercice illégal de la médecine. Verdict : des suspensions d’exercice allant de 6 à 12 mois et des amendes pécuniaires pour une dizaine de praticiens. Une opération mains propres qui sonne comme un avertissement au sein des hôpitaux camerounais.

C’est un signal fort que vient d’envoyer l’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC) face au fléau des fautes médicales. Réunie en session disciplinaire, l’instance a prononcé des sanctions allant de 6 à 12 mois de suspension d’exercice, assorties d’amendes de 400 000 FCFA par coupable. Au cœur de ces décisions : deux affaires dramatiques qui avaient ému l’opinion publique, les dossiers « Barbara Bengono » à Yaoundé et « Stéphanie Siewe » à Douala.

L’affaire Dr Barbara Bengono : La chaîne de responsabilités du CHU de Yaoundé démontée Plus de trois mois après le décès tragique en couches du Dr Barbara Bengono au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Yaoundé, la lumière a enfin été faite sur la chaîne des responsabilités. Quatre principaux praticiens et plusieurs résidents ont été reconnus coupables de graves manquements. Le Pr Elie Nkwabong a été jugé coupable de négligence professionnelle grave, de défaut de supervision et de manquements organisationnels engageant sa responsabilité directe. Sanction : 12 mois de suspension.

Le Pr Bonaventure Jemea écope de la même peine pour défaut de supervision spécialisée et défaillances dans la prise en charge du choc hémorragique en réanimation. Sanction : 12 mois de suspension. Le Dr Calvin Tiyou paye quant à lui le prix de carences et de retards dans le contrôle chirurgical de l’urgence. Sanction : 12 mois de suspension.

À cette liste s’ajoutent quatre jeunes médecins résidents (les Docteurs Nzie Nvondo, Engon Soppo, Moli et Mforbi). Poussés au-delà de leur niveau d’autonomie face à une hémorragie non maîtrisée, ils écopent de 6 mois de suspension d’activité. Affaire Stéphanie Siewe : Violences et exercice illégal à Douala Le second dossier examiné par la Chambre de discipline concerne le décès de Stéphanie Siewe, une jeune lycéenne de 19 ans, survenu à la Clinique des Anges à Douala. Au-delà de la négligence médicale fatale, l’affaire a révélé des dérives déontologiques majeures, incluant des violences verbales ou physiques sur la patiente au moment de ses soins post-accouchement (points de suture).

Les sanctions sont tombées pour trois praticiens

Dr Christine Raissa Edjenguelle Nkengue : Reconnue coupable de manquement grave à l’éthique, de négligence et d’exercice illégal de la médecine. Sanction : 5 mois de suspension.

Dr Elie Bassa : Reconnu coupable de complicité d’exercice illégal de la médecine. Sanction : 4 mois de suspension. Dr Pyrette Emma Lowe Tchatchouang : Poursuivie pour exercice illégal et complicité. Sanction : 3 mois de suspension.

Chacun d’eux devra également s’acquitter d’une amende pécuniaire de 400 000 FCFA.

En tapant du poing sur la table, l’ONMC lève le voile sur l’impunité qui entoure parfois le milieu hospitalier. Si ces sanctions administratives et financières soulagent un tant soit peu les familles des victimes, elles rappellent surtout l’urgence d’une refonte des protocoles de sécurité et d’accueil dans les maternités camerounaises. Mourir en donnant la vie ne doit plus être une fatalité liée à la négligence humaine.

Par la rédaction de Glob’Media

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here