Dans le cadre de sa stratégie globale d’assainissement des finances publiques et de restauration de la crédibilité de la signature de l’État, le gouvernement camerounais vient de franchir un cap significatif. Selon les données récemment publiées par le ministère des Finances (Minfi), une enveloppe globale de près de 463 milliards de FCFA de la dette intérieure a été intégralement remboursée sur la période 2024-2026.
Ce montant représente un taux d’exécution flatteur de 61% de l’ensemble des arriérés intérieurs audités et validés par les services du ministre Louis Paul Motaze. Un signal fort envoyé aux partenaires économiques, tant nationaux qu’internationaux, alors que le pays fait face à des contraintes budgétaires persistantes.
Priorité au social et au tissu économique local
L’opération de nettoyage du passif de l’État s’est voulue sélective et stratégique. Plutôt que de saupoudrer les remboursements, le Minfi a fait le choix de cibler des secteurs clés pour maximiser l’impact de cette injection de liquidités dans l’économie nationale.
Trois grandes catégories de dettes ont ainsi été privilégiées : Les dettes salariales : Destinées à apaiser le climat social et à soutenir le pouvoir d’achat des agents publics (rappels, avancements, indemnités). Les arriérés fiscaux : Permettant de régulariser la situation des entreprises tout en assainissant les écritures comptables de l’État.
Les dettes commerciales : Un véritable bol d’air pour les entreprises privées locales (PME et grands groupes) qui attendaient le paiement de leurs prestations. Ce volet est crucial pour relancer l’investissement privé et recréer de la confiance dans la commande publique.

Un bol d’air pour l’économie, mais des défis persistent
Pour de nombreux observateurs de notre place financière, ce coup d’accélérateur dans le paiement de la dette intérieure est une bouffée d’oxygène pour le secteur privé, souvent asphyxié par les délais de paiement de l’État. En injectant ces 463 milliards de FCFA en deux ans, le gouvernement contribue à améliorer la trésorerie des banques et des entreprises, réduisant ainsi le risque de faillites et de licenciements.
Cependant, La Nouvelle Expression reste attentive à la suite du processus. Si l’apurement de 61% du stock est une performance louable, il reste encore 39% d’arriérés à éponger. Le plus dur commence peut-être maintenant : maintenir ce rythme d’apurement tout en évitant la reconstitution d’une « dette flottante » ou de nouveaux arriérés non maîtrisés au cours des prochains mois. L’enjeu pour la fin de l’exercice 2026 et pour l’avenir sera de conjuguer cette discipline budgétaire avec le financement des grands projets d’infrastructure indispensables au développement du Cameroun.
La rédaction















