Le Social Democratic Front (SDF) marque un tournant politique majeur. Pour la première fois depuis près d’une décennie, le Comité Exécutif National (NEC) du principal parti d’opposition s’est réuni à Bamenda, son berceau historique. Entre dévotion mémorielle, stratégie électorale et offensives législatives, le parti de feu Ni John Fru Ndi annonce la couleur pour l’avenir politique du Cameroun.
C’est un signal fort et hautement symbolique que l’honorable Joshua Oshi, président national du SDF, a envoyé ce week-end. En choisissant de tenir la session de son Comité Exécutif National (NEC) à Bamenda, capitale régionale du Nord-Ouest, la direction du parti brise un exil intérieur forcé de près de dix ans, imposé par l’insécurité liée à la crise anglophone.
« C’est un acte historique, parce que nous sommes revenus à Bamenda, où nous sommes nés et où se trouve notre siège », a martelé Joshua Oshi à l’issue des travaux.
Un pèlerinage mémoriel et émotionnel
Ce retour aux sources coïncide avec un moment de recueillement national pour les militants. Il y a trois ans jour pour jour, le charismatique fondateur du parti, le Chairman Ni John Fru Ndi, tirait sa révérence. Avant d’ouvrir les débats politiques, Joshua Oshi s’est rendu à Baba II pour se recueillir sur la tombe de l’ancien leader. Les commémorations se sont poursuivies le lendemain par un culte d’action de grâces à l’Église presbytérienne de Mussang, suivi d’une réception commémorative. Une manière de puiser dans les racines du parti la force nécessaire pour affronter les défis futurs.
Cap sur les urnes : La machine électorale s’active
Au centre de cette session du NEC : la préparation minutieuse des prochaines échéances électorales. Le SDF a procédé à un audit complet de son déploiement sur l’ensemble du territoire national.
Pour passer de la parole aux actes, une commission spéciale a été mise sur pied avec des missions claires : Suivre de près les préparatifs électoraux sur le terrain. Identifier les circonscriptions clés où le parti doit recruter des candidats. Accompagner et finaliser le processus des investitures. Le rapport attendu de cette commission devrait sonner le départ officiel de la phase de pré-campagne et de mobilisation générale pour le parti.
Offensive parlementaire : Cinq propositions de loi dans le viseur
Face à la montée des tensions sociales et des discours de haine qui fragilisent le tissu social camerounais, le SDF a décidé de porter le combat sur le terrain législatif. Joshua Oshi a annoncé le dépôt imminent à l’Assemblée nationale de cinq propositions de loi majeures portées par ses députés :
Thématique Objectif de la proposition de loi Violences de genre Lutter contre les violences faites aux femmes et les féminicides. Protection de l’enfance Sanctionner sévèrement les violences faites aux enfants et les infanticides. Gouvernance & Transparence Exiger l’application effective de l’article 66 de la Constitution sur la déclaration des biens. Cohésion sociale Criminaliser et lutter activement contre la haine tribale. Mémoire historique Reconnaître le colonialisme et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
Le SDF fait de Bamenda le bastion de sa résistance pour la paix
Au-delà de la politique politicienne, c’est la crise anglophone qui a plané sur l’ensemble des échanges. En réinvestissant Bamenda, le SDF refuse la politique de la chaise vide et de la peur. Le parti entend faire de sa présence physique un levier de pression pour le retour à la normale.
« Nous sommes présents à Bamenda, nous nous réunissons à Bamenda, et nous avons dit que nous allons rester à Bamenda tant que la paix ne revient pas à Bamenda », a prévenu Joshua Oshi. En affichant cette résilience et cette proximité retrouvée avec les populations durement éprouvées par le conflit, le SDF tente de redorer son blason et de s’imposer, plus que jamais, comme un acteur incontournable de la recherche de la paix, de la démocratie et du développement au Cameroun. La bataille pour les prochaines élections est bel et bien lancée.
Par la rédaction de Glob’Media










