La Nouvelle politique a été présentée mercredi dernier au cours d’un point presse conjoint Mincom-Minmidt.
Longtemps cité pour son important potentiel minier, le Cameroun entre dans une nouvelle phase. Le gouvernement a lancé une vaste réforme visant à assainir, formaliser et renforcer la contribution du secteur aurifère à l’économie nationale, en parallèle du démarrage de plusieurs grands projets structurants. L’annonce a été faite mercredi dernier lors d’un point de presse conjoint tenu par le ministre de la communication (Mincom) René Emmanuel Sadi et le ministre des Mines, de l’industrie et du développement technologique(Minmidt) Fuh Calistus Gentry sous le thème « Le nouveau visage du secteur Minier Camerounais avec le démarrage des grands projets et la restructuration du secteur aurifère ».

Sous l’impulsion de l’exécutif, la politique minière s’oriente désormais vers cinq priorités : l’exploitation industrielle, l’amélioration de la traçabilité, la sécurisation des recettes publiques, la protection de l’environnement et une participation accrue des opérateurs camerounais.

Cette nouvelle dynamique repose sur cinq filières clés : le fer, la bauxite, l’or, le marbre et le calcaire. Parmi les projets phares figurent le fer de Bipindi-Grand Zambi, le fer de Bidzar et le projet d’exploitation industrielle de l’or de Colomine. Des investissements qui devraient permettre d’accroître les capacités de production, de développer de nouvelles infrastructures et de créer des milliers d’emplois directs et indirects.

À cela s’ajoutent les perspectives offertes par les gisements de fer de Mbalam, Nkout et Ngovayang, ainsi que par les projets aurifères de Mboguéné et de Bibemi. L’objectif affiché est de faire du secteur minier un véritable levier de croissance, de diversification économique et de mobilisation des recettes publiques.

La restructuration engagée clarifie aussi les responsabilités des différentes institutions. Le Minmidt reste l’administration en charge de l’élaboration, de la mise en œuvre et du contrôle de la politique minière. Il délivre les titres et autorisations, veille au respect de la réglementation et participe à la certification des exportations. En revanche, il n’intervient pas dans l’achat ou la commercialisation de l’or; la Sonamines assure le suivi de la production, la collecte de la quote-part de l’État, ainsi que le contrôle et la commercialisation des substances précieuses issues de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée. Les administrations; les fiscales et douanières se chargent, quant à elles, de la sécurisation des recettes, du contrôle des cargaisons et de la conformité des exportations.

L’un des points noirs relevés concerne l’écart entre les volumes d’or produits, collectés et exportés. Selon les données présentées, le problème ne réside pas tant dans une disparition de l’or de l’État que dans la sous-déclaration d’une partie de la production par certains opérateurs privés. Cette pratique entraîne une insuffisance dans la collecte de l’Impôt Synthétique Minier et de la taxe à l’exploitation, et réduit donc les recettes attendues par le Trésor public.

Pour corriger cette situation, la réforme prévoit un renforcement des contrôles sur les sites de production, la fixation de seuils minimaux de livraison et une meilleure prise en compte des différentes étapes techniques de récupération de l’or. Un suivi renforcé des bassins de lixiviation est également prévu afin d’évaluer plus précisément les volumes réellement récupérés.

Le gouvernement entend par ailleurs mettre fin à l’utilisation irrégulière des permis de recherche. Un permis de recherche est uniquement destiné à des travaux d’exploration pour identifier et évaluer un gisement. Il ne constitue ni une autorisation d’exploitation, ni un titre pour céder des espaces à des opérateurs semi-mécanisés.

Les opérations de contrôle menées ont déjà permis d’identifier plus de 200 sociétés exerçant sans autorisation ni titre régulier. 137 dossiers ont été transmis aux juridictions compétentes. Un processus de régularisation est toutefois envisagé pour les entreprises qui s’acquitteront des sanctions prévues et se mettront en conformité.

La restructuration s’articule autour de plusieurs axes : Mise en conformité administrative et fiscale des opérateurs; paiement d’une caution pour garantir la réhabilitation environnementale des sites; renforcement de la participation des nationaux dans les entreprises du secteur; instauration de seuils minimaux de production et de livraison; modernisation des techniques de traitement; amélioration de la traçabilité de l’or produit et exporté.

À court terme, le gouvernement vise la formalisation d’une centaine d’opérateurs, l’augmentation des productions déclarées, l’amélioration des recettes fiscales et le renforcement des réserves nationales d’or. À moyen terme, il s’agit de préparer la transition progressive de l’exploitation artisanale semi-mécanisée vers une véritable industrie aurifère.

À travers cette réforme, l’État entend transformer le secteur aurifère camerounais en une filière mieux organisée, plus transparente et davantage contributive au développement national.

Stephane Antoine Ayissi (Glob’Media)














