Procès Patrick Mengue : Le Parquet fait appel, la Défense sous le choc

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Reconnu coupable d’outrage au Président de la République le 27 juillet dernier, le jeune homme pensait en avoir fini avec les prétoires. C’était sans compter sur le ministère public, qui remet son dossier sur le bureau des juges de la Cour d’appel du Centre.

L’affaire Patrick Mengue prend une tournure inattendue. Alors que l’accusé s’apprêtait à purger sa peine de six mois de prison assortie d’une amende de 28 000 FCFA prononcée par le Tribunal de première instance (TPI) de Yaoundé, le ministère public a surpris tout son monde en interjetant appel de la décision. Une démarche qui passe très mal du côté du conseil de la défense. Me Batam Nkolong, avocat de Patrick Mengue, ne cache pas son étonnement face à ce revirement. Durant les débats au TPI, le parquet avait lui-même souligné le statut de délinquant primaire de l’accusé et salué sa bonne tenue à la barre pour demander la clémence des juges. « Le ministère public aurait pu demander au tribunal d’appliquer la peine qu’il estime être juste […]. Nous sommes un peu surpris de voir qu’il décide de faire appel », confie l’homme de loi.

Pour le prévenu, le coup est rude. Épuisé « mentalement, moralement, spirituellement et physiquement » par cette épreuve judiciaire, Patrick Mengue avait expressément demandé à ses avocats de ne pas contester le premier jugement. Malgré sa déception face au verdict, l’homme souhaitait tourner la page et réorganiser sa vie.

L’ombre d’une lourde peine

Ce nouvel épisode contraint la défense à se remobiliser. L’équipe d’avocats affûte d’ores et déjà ses arguments pour le second acte qui se jouera devant la Cour d’appel du Centre, avec l’ambition de consolider les points techniques laissés en retrait lors de la première instance.

Les enjeux de ce nouveau procès s’annoncent majeurs. Devant la juridiction d’appel, la sentence initiale peut être révisée dans un sens comme dans l’autre. Mais en cas d’aggravation, l’application de l’article 153 du Code pénal ferait planer une lourde menace sur le jeune homme : la peine encourue pourrait alors osciller entre 1 et 5 ans de réclusion criminelle, doublée d’une amende pouvant atteindre 20 millions de FCFA.

Franck Régis Kamegne (Glob’Media)

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