Orientation post-Baccalauréat : Le difficile choix des bacheliers

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Le baccalauréat en poche, une nouvelle équation se présente aux nouveaux diplômés : quelle formation choisir et pour quel avenir professionnel ?

« Je viens d’obtenir mon baccalauréat et je vois qu’une nouvelle vie commence pour moi. Je vais être dans le monde extérieur, le monde des grands, et je dois commencer par me prendre en charge. » Du haut de son nouveau statut de bachelière, Kamwessia Kamya Chloé, lauréate au baccalauréat C, mesure déjà l’ampleur du défi. Son ambition est claire : intégrer un IUT. Une aspiration qu’elle estime à sa portée grâce à l’encadrement reçu dans son établissement.

Mais pour Chloé comme pour de nombreux nouveaux bacheliers, décrocher le diplôme n’est finalement que la première étape. Vient ensuite le choix de la formation, avec son lot d’interrogations : université ou grande école ? Formation professionnelle ou cursus classique ? Quelle filière choisir ? Et surtout, quelle formation permettra demain d’accéder à un emploi ?

Quand les parents choisissent pour leurs enfants

Dans de nombreuses familles, l’orientation reste encore largement influencée, voire décidée, par les parents. Une pratique que relève la Pr Hermine Bilet, maître de conférences à l’Université de Yaoundé I, au département de biologie et physiologie végétale. « Jusqu’ici, les enfants ont eu à être poussés par les parents », constate-t-elle, évoquant les choix de filières parfois imposés aux jeunes. Pour l’universitaire, l’orientation devrait pourtant commencer par une introspection du jeune. Trois éléments doivent guider sa décision : la passion, le talent et les opportunités. Ce qui passionne le jeune peut devenir un moteur d’apprentissage et lui permettre de développer des compétences. Le talent, naturel ou acquis, vient renforcer cette aptitude. Reste enfin à confronter ces deux éléments aux opportunités offertes par le monde professionnel.

Une approche que semble avoir comprise Chloé. Lors de la cérémonie d’orientation à laquelle elle a pris part, plusieurs établissements sont venus présenter leurs formations et leurs filières. Pour elle, ces échanges permettent aux nouveaux bacheliers de mieux entrevoir les possibilités qui s’offrent à eux.

Le véritable examen commence après le bac

Pour les nouveaux bacheliers, le diplôme tant attendu marque donc moins une arrivée qu’un nouveau départ. Chloé, elle, entend désormais franchir cette nouvelle étape avec ambition. Son parcours sera peut-être différent de celui imaginé aujourd’hui. Mais son souhait demeure celui de nombreux jeunes : trouver une formation qui corresponde à leurs capacités et leur permette de construire leur avenir. Entre passion, talent, opportunités, moyens financiers et exigences du marché de l’emploi, le choix post-bac ne peut donc plus être laissé au hasard. Le baccalauréat ouvre la porte. Reste maintenant à choisir la bonne direction.

Le coût, l’autre équation

À cette question des débouchés, s’ajoute, celle, non moins déterminante, des moyens financiers. Car entre une formation rêvée et une formation réellement accessible, l’écart peut parfois être important. Frais de scolarité, transport, logement, matériel didactique : les dépenses liées aux études peuvent peser lourd dans le budget familial.

Le choix d’une école ou d’une filière devient alors une équation à plusieurs inconnues. Les parents doivent conjuguer les ambitions de leur enfant avec leurs capacités financières, tout en essayant de miser sur une formation susceptible d’offrir des perspectives professionnelles.

Une réalité qui remet également au centre la question de l’accompagnement à l’orientation. Pour Chloé, le suivi dont elle a bénéficié au sein de son établissement constitue justement un atout. Elle estime que les bases acquises et les échanges avec les établissements d’enseignement supérieur peuvent faciliter l’accès aux grandes écoles.

Choisir aujourd’hui pour travailler demain

Mais suivre sa passion ne signifie pas fermer les yeux sur les réalités économiques. Le Pr Octave Jukong invite les jeunes à regarder également du côté des secteurs susceptibles de générer des emplois au Cameroun. Il cite notamment l’agriculture, l’industrie, les nouvelles technologies et l’énergie. L’enjeu est donc de ne pas choisir uniquement une filière parce qu’elle est à la mode ou parce qu’elle correspond aux attentes de l’entourage. Il faut aussi s’interroger sur les métiers qui émergeront demain. « Il faut se préparer maintenant pour les métiers de demain », conseille l’universitaire. Cette nécessité de regarder vers l’avenir prend tout son sens dans un contexte où l’accès à l’emploi demeure une préoccupation majeure pour les jeunes diplômés. La formation doit ainsi être pensée comme un investissement : celui qui permet d’acquérir des compétences utilisables dans un environnement professionnel en mutation.

Entrepreneuriat

Pour le Pr Octave Jukong, l’université et les grandes écoles ne doivent d’ailleurs pas être perçues comme de simples antichambres de la fonction publique. Il encourage les jeunes à envisager également l’entrepreneuriat. « Dans mon établissement, explique-t-il, cette dimension est intégrée dès le début de la formation. L’objectif est d’apprendre aux étudiants à ne pas uniquement attendre un emploi, mais à développer des projets et, lorsque les conditions le permettent, à créer leur propre activité. »

Une autre manière de concevoir l’orientation : ne plus seulement chercher où travailler après les études, mais aussi réfléchir à ce que l’on pourra créer avec les compétences acquises.

Marie Fouda

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