La ministre des Enseignements secondaires, Pr Nalova Lyonga, tape du poing sur la table en imposant des sanctions. Si ces mesures témoignent de la volonté ferme de l’État d’assainir l’offre éducative, elles mettent aussi en lumière la persistance d’un phénomène qui complique, chaque année, la rentrée de nombreuses familles.
La hache de guerre contre l’illégalité dans l’enseignement secondaire est de nouveau dégainée. À quelques semaines du coup d’envoi de l’année scolaire 2026-2027, le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) vient d’ordonner la fermeture statutaire de 105 établissements scolaires privés. Répartis dans sept des dix régions du pays, ces établissements se voient interdire toute activité pour le compte de l’année à venir.

Parmi les zones les plus touchées par cette vague d’interdictions, figure la région du Littoral, qui détient le triste record avec 52 structures frappées par les arrêtés ministériels signés le 20 juillet dernier par le ministre des Enseignements secondaires, Prof. Nalova Lyonga.
L’application stricte de la loi de 2004
Cette série de sanctions n’est pas le fruit du hasard. Elle découle directement des rapports d’inspection menés au mois de juin dernier par la Brigade nationale de contrôle des établissements d’enseignement secondaire privés. Sur le terrain, les inspecteurs ont relevé de multiples infractions à la loi de 2004 régissant l’enseignement privé au Cameroun.

Défaut d’autorisation de création, absence d’agrément d’ouverture, extensions clandestines ou encore ouverture de nouvelles annexes non déclarées : les motifs de sanction révèlent un mépris récurrent des règles de droit par certains promoteurs. Pour la tutelle, il ne s’agit pas d’une simple querelle administrative. L’autorisation préalable de l’État reste la seule garantie pour les usagers qu’un établissement offre des infrastructures sécurisées, un encadrement pédagogique qualifié et des programmes conformes aux exigences nationales.
« L’autorisation d’ouverture garantit le respect des exigences minimales en matière de sécurité, d’infrastructures et de qualification du personnel enseignant. »
Entre forte demande et impératif de régulation Cette opération d’assainissement, devenue au fil des ans un rendez-vous rituel de la période estivale, montre toutefois les limites d’un contrôle qui intervient souvent a posteriori. Dans les grands centres urbains, la pression démographique et l’engorgement des lycées publics incitent de nombreux parents à se tourner vers le privé. Des fondateurs ouvrent leurs portes sans attendre le quitus de l’administration, créant ainsi un parc d’écoles « clandestines » particulièrement difficile à résorber durablement.

Si la fermeté de l’État vise à assainir un secteur névralgique, le calendrier de ces annonces pose un réel problème d’accompagnement pour les victimes collatérales de ces fermetures : les familles et les élèves. À quelques semaines du retour en classe, de nombreux parents se retrouvent pris au dépourvu, contraints de chercher en urgence une nouvelle affectation pour leurs enfants, souvent après avoir déjà engagé des frais auprès d’établissements hors-la-loi.
Face à cette situation, le ministère réitère son appel à la vigilance et invite fermement les parents à consulter la liste officielle des établissements autorisés avant tout engagement financier pour la rentrée 2026-2027.
Panisse Istral Fotso















